Dossier : Reconnaissance faciale : Dans le viseur

Reconnaissance faciale : Une technologie d’avenir déjà là

La reconnaissance faciale se développe et s’installe en France. Trop lentement, selon des élus et industriels soucieux de faire de cette technologie un fleuron tricolore. Les réglementations européennes ne sont plus vues comme des garanties, mais comme des obstacles. Solution toute trouvée : expérimenter d’abord, discuter ensuite… En marche vers l’inéluctable.

La reconnaissance faciale fait cette promesse. Celle de ne plus laisser à l’homme seul la capacité de reconnaître ou d’identifier une personne. Il faut l’imaginer sur une photo de foule : là où un humain doit se concentrer sur un visage avant de passer à un autre, la machine réalise un focus multiple, systématique, permanent. La technologie s’emploie déjà en France, du déverrouillage d’un téléphone à la recherche d’un suspect lors d’une enquête judiciaire. Mais de manière trop limitée pour des élus aux discours sécuritaires, des forces de l’ordre conquises par cet œil si parfait et des industriels soucieux de s’ouvrir un nouveau marché. Il manquerait un cadre pour passer à la vitesse supérieure. Cédric O veut franchir le pas. La France va se lancer dans une expérimentation en la matière, annonçait le secrétaire d’État chargé du numérique au Parisien, le 24 décembre. Après une phase de test de six mois à un an, suivra un débat public. La méthode paraît douce à s’y méprendre. Mais, derrière ces précautions, tout concourt à une installation ferme et durable de la reconnaissance faciale en France.

Longtemps chimérique, cette performance technologique tend à se parfaire par les progrès réalisés en deep learning (1), avec les réseaux de neurones artificiels. Ce système simule l’architecture du cerveau humain, mais avec la puissance de calcul d’un ordinateur. Ces réseaux doivent se nourrir d’un grand nombre de données, des photos d’humains et de chats, par exemple, pour apprendre à les distinguer. Une fois qu’elle l’a reconnu, la machine appose une série de points sur le visage et ses traits caractéristiques. Distance entre les pupilles, forme de la bouche ou du nez… La machine peut alors individualiser une personne, la rendre unique, et donc la singulariser parmi des milliers d’autres. Le tout en un battement de cils.

Il existe deux usages distincts. Le premier, l’authentification, tend à vérifier l’identité d’un individu. Présent dans trois aéroports de la région Île-de-France, le système Parafe (2) est un exemple. Devant un portique, une caméra compare le visage du voyageur à sa photo stockée dans la puce de son passeport biométrique pour lui autoriser le passage. L’autre usage, l’identification dite « à la volée », peut fonctionner en temps réel avec les images fournies par des caméras de vidéosurveillance. Une personne marche dans la rue et un logiciel de reconnaissance faciale va comparer son visage à une base de données alimentée par des profils, ceux d’individus recherchés par exemple. Policiers comme gendarmes louchent sur cet usage. Le Graal de l’enquêteur et la boîte de Pandore pour tout défenseur des libertés, tant cette utilisation ouvre la voie à une surveillance généralisée. À propos de cet usage, Cédric O admet à demi-mot vouloir l’inclure dans l’expérimentation.

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