Plaidoyer pour un lieu dédié aux femmes victimes de violences

Quatre associations de Seine-et-Marne interpellent les listes candidates aux municipales afin qu’elles s’engagent pour créer et développer des structures adaptées.

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L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes ont été déclarées grandes causes nationales par le Président de la République.

Une enquête réalisée par le GHEF (grand hôpital de l’est parisien) auprès de femmes montre que 11,5 % des femmes suivies pour une grossesse étaient victimes de violences et que 47% subissaient des violences multiples, physiques, psychologiques, sexuelles, économiques. 2 femmes sont tuées par leur conjoint, en moyenne par an, dans notre département. 1 500 victimes de violences conjugales ont été recensées par la préfecture en 2019. Une augmentation de près de 7 % de viols déclarés a été constatée entre 2016 et 2019.

Outre les violences commises chaque jour à l’encontre des femmes, ces dernières sont toujours victimes de discriminations et d’inégalités au quotidien, et en premier lieu, au travail où les écarts de salaire constatés atteignent encore 25 % aujourd’hui et où les temps partiels sont majoritairement occupés par des femmes.

Dans son discours d’ouverture au Grenelle des violences conjugales du 77, madame la préfète de Seine-et-Marne a déclaré le 3 septembre 2019 que pour répondre à ces enjeux, « cela supposait une prise en charge immédiate et coordonnée impliquant une structuration accrue du réseau d’acteurs sur cette thématique ».

La réalité en Seine-et-Marne est toute autre. Nous avons eu à déplorer la fermeture du CIDFF 77 en 2017, qui, malgré la résistance des acteurs associatifs locaux, n’a pas été soutenu par les pouvoirs publics. Sa fermeture est directement liée à une diminution des subventions publiques. Aujourd’hui, une partie de ses missions est assurée ponctuellement par le CIDFF 91, ce qui ne répond pas aux besoins réels du département. En outre, nous apprenions en septembre, par la presse, que des menaces pesaient actuellement sur le foyer d’Olympe à Melun, qui constitue un centre d’accueil pour les femmes victimes de violences.

Sur notre territoire, la réalité est encore plus terrible :

  • il n’y a pas de lieu dédié pour la prise en charge des femmes victimes de violence (sexuelles, physiques, psychologiques...)

  • pour le Val Maubuée, 6 heures de permanence par mois sont consacrées aux permanences en droit de la famille et 3 heures pour celles en droit du travail.

Les discours doivent aujourd’hui laisser la place à l’action.

À l’approche des élections municipales, nous attendons des candidat.es des engagements forts en faveur de l’égalité professionnelle et la lutte contre les violences faites aux femmes et en premier lieu des moyens. Conformément au discours de Madame la préfète qui avait proposé de travailler sur les deux thématiques suivantes :

  • La prise en charge et l’accompagnement des femmes victimes, notamment leur repérage, le dépôt de leurs plaintes, leur protection et leur hébergement,

  • L’organisation et le renforcement de réseaux locaux, communaux comme intercommunaux, afin que les femmes puissent être prises en charge dans les meilleures conditions.

Les associations Turbulences Marne-la-Vallée, Djamma Djigui, Droit de Cité(r) des femmes et Émergences Marne-la-Vallée, soutenues par La fédération de Seine-et-Marne de La ligue des Droits de l’Homme (LDH), par Amnesty Marne-la-Vallée, par l’Association Ville-Hôpital (l’AVIH) réclament :

  • La création d’un lieu d’accueil, d’appui, de conseil et d’écoute permanent, animé par des professionnels sur le territoire du Val Maubuée.

  • La création d’un dépliant informatif sur la prise en charge des femmes, disponible dans les lieux publics ou associatifs.

  • La création d’un espace spécifique sur les sites internet des mairies de notre territoire qui permette un accès en un clic « femmes victimes de violences » avec toutes les adresses d’aides de proximité.

  • Une campagne d’affichage et une rubrique régulière sur ce sujet dans les journaux municipaux.

  • La mise en place d’un observatoire local des violences faites aux femmes avec les professionnels et les associations de femmes, les citoyens et citoyennes : espace de débats, de propositions et d’évaluation des structures d’aides existantes.


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