« Dans l’école où je garde des enfants, j’enfouis la peur et j’essaie d’être utile »

Aujourd’hui #LesDéconfinés, Louise, 25 ans, professeure en école maternelle à Paris. Volontaire pour garder les enfants de soignants, elle souligne l’engagement profond de ses collègues pour l’intérêt général. Un dévouement pas assez reconnu par les pouvoirs publics.

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Définition de « mission » dans le Larousse : « But élevé, devoir inhérent à une fonction, une profession, à une activité et au rôle social qu’on lui attribue. » Voilà mon « but élevé », c’est ça ! Je suis jeune, en bonne santé et enseigner est une vocation. J’ai une mission de service public, un rôle à jouer dans la société en ce moment de crise : celui de garder les enfants du personnel soignant. Donc on met la peur de côté et on offre à ces enfants un moment de répit, une bulle protégée à l’école où ils peuvent continuer à apprendre, à jouer, à communiquer…

Alors malgré les dangers, j’irai « quoi qu’il en coûte » !

Si je n’y vais pas, qui le fera ? J’ai énormément de collègues qui ont des enfants et c’est normal qu’elles ne veuillent prendre aucun risque. Mon rapport aux risques est donc le même : j’enfouis la peur et j’essaie d’être utile à mon petit niveau. Dans l’école où je garde des enfants, nous avons reçu le matériel de protection nécessaire (gants et masques), mais ce n’est pas le cas partout malheureusement…

J’observe un dévouement admirable de mes collègues et surtout des directrices avec qui je travaille. Ce sont elles qui gèrent l’organisation de l’accueil des enfants, les plannings de roulement, etc. La directrice de mon école est là tous les jours pour accueillir les parents, elle ouvre les portes de l’école, fidèle au poste ! Contrairement à ce qu’a annoncé la porte-parole du gouvernement, les profs TRAVAILLENT ! Nous ne sommes pas en vacances : soit on est volontaire dans les écoles, soit on télétravaille.

Je suis, de jour en jour, atterrée par l’incompétence, le mépris et le manque d’humanité de ceux qui nous gouvernent.

Les professeurs sont au mieux oubliés, au pire méprisés par le gouvernement, dont je n’attends aucun soutien. Titularisée depuis 4 ans à mon poste, j’ai déjà pu constater le décalage entre la hiérarchie et le terrain. Bref, quand j’ai besoin d’aide dans mon travail, je me tourne vers mes collègues et les syndicats, jamais vers cette hiérarchie lointaine et indisponible. La résistance des profs ne craquera pas et ne fait que se renforcer face à ces élites qui ne veulent pas nous entendre. Sur le terrain, on s’organise sans attendre les ordres et contre-ordres d’une hiérarchie visiblement dépassée par les événements.

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