Épopée ouvrière

Notre Voyage autour de nos chambres #39 propose trois siècles d’histoire ouvrière. Le Temps des ouvriers, une série documentaire de Stan Neumann, en accès libre sur le site d’Arte jusqu’au 26 juin.

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Les premières factories, en Angleterre, tournées vers la filature, propices à fabriquer de l’ouvrier ; une révolution industrielle qui commence par une révolution économique ; des ouvriers pliés à la bourgeoisie ; des insurrections photographiées pour la première fois au mitan du XIXe siècle ; la destruction de la colonne Vendôme, sous la Commune ; des femmes qui apparaissent enfin sur la scène ouvrière ; des cartes postales illustrant luttes et grèves se multipliant, tranchant avec les caricatures de la presse établie ; des coups de grisou meurtriers ; un travail à la chaîne, créé dans les abattoirs de Chicago, qui se répand avant la Grande Guerre ; une industrialisation des canons et des machines, dont la production devient affaire d’État ; une révolution russe, une autre allemande ; un management scientifique, le taylorisme ; un terme qui se veut courant, celui de « record », signifiant enregistrer la performance de l’ouvrier pour mieux la dépasser ; des poings levés au-dessus des notes de « L’Internationale » ; un temps de travail qui se négocie ; des grèves encore, des occupations d’usines, des affrontements successifs contre les pouvoirs en place…

© Politis

Crédit : les Films d'ici

D’hier à aujourd’hui

Telles sont les phases marquantes de ce documentaire de Stan Neumann, Le Temps des ouvriers, en quatre volets (le temps de l’usine, 1700-1820 ; le temps des barricades, 1820-1890 ; le temps à la chaîne, 1890-1935 ; et le temps de la destruction, 1936 à nos jours). Soit une vaste fresque historique et sociale, de révoltes en transgressions, d’émancipations en défaites, de combats en acquis. Jusqu’à la presque fin d’un monde, au bout des pressions, des oppressions et suppressions d’emplois.

Film fleuve

Images d’archives, photographies, chansons et images animées, témoignages passés et présents, analyses d’intellectuels et d’historiens (Jacques Rancière, Alessandro Portelli, Stefan Berger, Marion Fontaine, ou encore Alan Brooke, ancien mineur, devenu historien…) conduisent ce film fleuve, sous la voix de Bernard Lavilliers. Film fleuve, où la petite histoire entre dans la grande, d’Italie en Allemagne, d’Angleterre en Espagne. S’il pèche malheureusement par un manque de dynamisme dans le récit, et plus encore par son côté fourre-tout, passant du coq à l’âne, le documentaire a ce mérite de remettre sur le petit écran un univers, une classe étouffée, sinon oubliée.

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