Les trésors de la Cinémathèque

Notre Voyage autour de nos chambres #26 vous propose de découvrir de grandes œuvres méconnues du patrimoine cinématographique que la Cinémathèque française met chaque soir en ligne. Quand le passé a du talent…

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Nous vous parlions il y a quelques semaines des leçons de cinéma et master class disponibles sur le site de la Cinémathèque française. Depuis, une autre initiative a été prise par les responsables du lieu pour élargir encore l’accès à son fond en cette période de confinement. Chaque soir, à 20h30, un nouveau film est mis à disposition des internautes. « Cette mise en ligne d’une infime partie de notre collection, celle dont nous possédons les droits de diffusion », a annoncé la Cinémathèque, traduit « la volonté de diffuser le plus largement possible quelques pépites méconnues du patrimoine cinématographique ». Une précision au passage : la Cinémathèque reste « très attachée à la projection et à l’émotion partagée dans une salle. » Nous sommes là très loin de l’opportunisme de Netflix.

Jean Epstein

Cette plateforme proposant ces films en VOD a été baptisée Henri, pour Henri Langlois, en forme d’hommage au fondateur de la Cinémathèque. Et la première œuvre choisie pour ouvrir ce qui s’annonce comme une série inouïe a été, le 10 avril, La Chute de la maison Usher, de Jean Epstein, réalisée en 1928 et inspirée de la célèbre nouvelle d’Edgar Poe.

Jean Epstein ? Cinéaste trop méconnu, il fut une grande (et jeune) figure de l’avant-garde cinématographique dans les années 1920, dont témoignent ce chef-d’œuvre qu’est La Chute de la maison Usher, et un autre film proposé : La Glace à trois faces, un moyen métrage de 1927. Puis Epstein a changé du tout au tout de sujets et d’esthétique mais en gardant un rapport intense au poétique, comme le montre le troisième film mis en ligne : Le Tempestaire, moyen-métrage réalisé en 1947. Jean Epstein est aussi l’auteur d’une production théorique passionnante.

Des choix cohérents

Pour le moment, les autres cinéastes figurant aux côtés d’Epstein sur la plateforme Henri attestent d’une cohérence dans le choix opéré par la Cinémathèque : qu’il s’agisse d'Otar Iosseliani, de Pierre Clémenti ou d’Alberto Spadolini (1907-1972), on reste en présence de créateurs très singuliers. Deux films de Iosseliani, cet héritier géorgien de Jacques Tati et Buster Keaton, sont disponibles, dont son magnifique film de fin d’étude, Avril, réalisé dans on pays en 1962, alors sous domination soviétique. De Pierre Clémenti, Soleil (1988) est un geste rimbaldien, une « Illumination » cinématographique de l’acteur-cinéaste à la trajectoire incandescente. Quant à Alberto Spadolini, peintre, danseur, chorégraphe, Nous, les gitans (1950), son unique film, rend hommage à la culture tzigane.

Vivement la suite !

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