« City Hall », de Frederick Wiseman : Boston, ville ouverte

Avec City Hall, le documentariste Frederick Wiseman filme la politique de la municipalité démocrate de la capitale du Massachusetts et signe une œuvre passionnante sur les États-Unis dans ce qu’ils ont de meilleur.

Christophe Kantcheff  • 21 octobre 2020 abonné·es
« City Hall », de Frederick Wiseman : Boston, ville ouverte
Très présent à l’écran, le maire Marty Walsh a le charisme d’un homme du peuple à l’écoute de ses semblables.
© Météore Film

Dans Monrovia, Indiana, le précédent film de Frederick Wiseman, il n’était pas question de politique et pourtant celle-ci suintait de toutes les images. Nous étions plongés dans l’Amérique rurale du Midwest, blanche et catholique, sûre de ses certitudes traditionnalistes, dont le spectacle de la vie quotidienne virait peu à peu à une chronique de l’horreur ordinaire. Là, on avait voté Trump à 76 %.

City Hall est son exact opposé. Frederick Wiseman a posé sa caméra dans l’une des villes les plus importantes de la côte est des États-Unis : Boston (674 000 habitants, plus de 4,5 millions dans l’agglomération), capitale du Massachusetts, où il s’est plus particulièrement penché sur la manière dont elle est gouvernée par sa municipalité démocrate. Le cinéaste montre ainsi la politique telle qu’elle se pratique dans cette ville – qui se trouve être aussi sa ville natale. Non pas dans son aspect le plus spectaculaire, en suivant une campagne électorale (traitement devenu un genre en soi et se réduisant trop souvent à l’anecdotique), mais en se focalisant sur le rapport entre les citoyens et les élus, en particulier le premier d’entre eux, le maire, Marty Walsh. Autrement dit, sur les rouages de la démocratie à la façon

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Cinéma
Temps de lecture : 5 minutes