EELV/LFI : Deux programmes « frères »

Sur le socle de leurs projets de société, Europe Écologie-Les Verts et La France insoumise pourraient s’entendre à merveille. Tour d’horizon des convergences et des nuances.

Qui, chez Europe Écologie-Les Verts ou à La France insoumise, pourrait nier leur aspiration mutuelle à concilier justice sociale et environnementale ? Qui pourrait remettre en question leur volonté commune d’accueil, de protection des plus faibles ? Personne. Mais ceux qui voudraient les rapprocher et les inciter à présenter un programme commun dans la perspective de 2022 ont encore du pain sur la planche ! Car en matière d’histoire, de philosophie politique, de conception de l’État, et même de culture partisane, EELV et LFI se distinguent nettement. Ces différences s’expriment dans leurs programmes respectifs : l’Avenir en commun et ses nombreux livrets thématiques pour les insoumis, le projet Bien vivre pour les Verts. Si sur certains autres sujets leur convergence est totale – l’Avenir en commun propose l’abolition du patriarcat, vieux combat des Verts –, sur d’autres ils peuvent être aux antipodes – leur vision de l’Union européenne. Nous avons choisi d’analyser leur compatibilité (par une note où 5/5 signifierait une identité totale) sur cinq grands thèmes majeurs qui résument le mieux leur projet de société. Pour constater que, sur ce socle, ils sont très proches.

Travail et salariat : 4,5/5

La proximité ne date pas d’hier : déjà côte à côte en 2015 contre la loi El Khomri, ils défilaient encore ensemble en 2018 contre la réforme du code du travail par ordonnances. EELV propose de réformer et d’apporter plus de démocratie dans l’entreprise : participation accrue des salariés aux décisions de la direction, restauration de la légitimité syndicale ou encore renforcement des pouvoirs des institutions représentatives. LFI, elle, met en avant la création d’un droit de veto suspensif des comités d’entreprise pour lutter contre les licenciements économiques. En matière de salaires, les insoumis plaident pour une limitation de 1 à 20 de l’écart maximal entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans chaque entreprise. L’Avenir en commun propose en sus de créer une sécurité sociale intégrale pour les travailleurs, d’imposer aux entreprises des quotas sur les contrats précaires, de lutter contre le recours aux temps partiels et érige l’État au rang d’« employeur en dernier ressort ». Les deux programmes se rejoignent sur la réduction du temps de travail : 32 heures par semaine pour EELV, 35 heures effectives avec une possibilité d’évolution à 32 heures pour LFI, qui propose aussi une sixième semaine de congés payés et d’augmenter de 15 % le Smic. Chez EELV, c’est la création d’un revenu d’existence inconditionnel, universel, permanent, individuel et inaliénable qui est évoquée. Quant à l’âge de la retraite, ils sont synchrones : 60 ans !

Santé publique : 4,5/5

« Élaborer un plan de santé environnementale », pour les uns, « grand plan national d’analyse et de recherche en santé et environnement » pour les autres. Ici encore, les propositions vont dans le même sens.

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