Printemps républicain : un groupuscule d’influence

Encensé dans la presse de droite, le Printemps républicain, né du PS tendance Valls, ne recule devant aucune campagne nauséabonde pour imposer sa vision intolérante de la laïcité.

Il y a presque un an, les dirigeants du Printemps républicain annonçaient leur intention de se lancer en politique et de peser sur la présidentielle. Avec une intention : substituer au clivage gauche-droite, qui « ne fait plus sens », « celui qui sépare les républicains et les identitaires de tous bords ». La création de cette formation censée « s’adresser aux orphelins d’une gauche républicaine et laïque » était programmée au lendemain des municipales. Ce projet, annoncé lors d’une journée à La Bellevilloise en présence de… Valérie Pécresse, n’a pu pour l’heure se concrétiser. Ce qui n’empêche pas les idées du Printemps républicain d’infuser dans l’opinion, à travers les relais dont dispose l’association dans les médias, et jusqu’au sommet de l’État, où elle compte des partisans bien placés.

L’association apparaît en mars 2016 dans la sphère socialiste autour d’un manifeste lancé par le politiste Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, alors délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Publié dans Marianne et Causeur, ce texte recueille quelques centaines de signatures d’élus, d’intellectuels, de journalistes et citoyens. « C’était un appel de potes très désireux de faire vivre le combat laïc », raconte un élu qui a rapidement pris ses distances quand s’est constituée une organisation et qu’il est apparu qu’elle dissociait le combat laïc du combat social. D’autres s’en sont éloignés en raison de la violence de son discours contre les ennemis désignés de la laïcité. Les animateurs du Printemps républicain ont en effet pour point commun d’être ou d’avoir été des soutiens de l’ancien Premier ministre Manuel Valls. Pour autant, ce n’est pas tant au sein du PS qu’ils affirment leur existence qu’à travers des campagnes d’opinion. Dans les médias, où l’association compte de nombreux relais, et sur les réseaux sociaux.

En octobre 2017, sous sa pression, l’université de Lyon-II annule un colloque sur l’islamophobie qui réunissait universitaires et associatifs. Quelques semaines plus tard, la militante antiraciste Rokhaya Diallo est évincée du Conseil national du numérique, ce qui provoque la démission du conseil en entier au terme d’une violente campagne sur les réseaux sociaux. En février 2018, plusieurs de ses membres prennent aussi part à une cabale de la fachosphère contre Mennel, une jeune chanteuse sélectionnée dans « The Voice », qui porte le turban et chante en arabe.

Plutôt groupusculaire, le Printemps républicain a ainsi développé une capacité de nuisance dans les débats publics au moyen des réseaux sociaux, où son noyau dirigeant est hyperactif.

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