Veolia-Suez : Un scandale d’État

La guerre des géants de la délégation de service public tourne au fiasco pour Emmanuel Macron.

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La guerre des géants de la délégation de service public tourne au fiasco pour Bercy et l’entourage d’Emmanuel Macron. Le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, aurait veillé personnellement à ce que le premier acte de l’OPA hostile lancée par Veolia sur Suez se passe sans accroc, en appelant les administrateurs salariés de la CFDT d’Engie, affirme Mediapart. Leur absence en conseil d’administration a permis à Veolia de racheter les parts détenues par Engie (dont le principal actionnaire est l’État).

Pendant ce temps-là, Bercy continue de s’opposer publiquement à cette absorption, mais n’utilise pas son pouvoir pour la bloquer. Et la rapidité de l’opération témoigne de sa préparation en haut lieu et de longue date. « Le pouvoir a décidé de prendre une proie et de l’offrir sur un plateau à un de ses amis », dénonce l’ancien ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, pointant le soutien financier apporté par Antoine Frérot, PDG de Veolia, à la campagne d’Emmanuel Macron.

En cas de succès de l’OPA, Suez sera morcelé façon puzzle. 75 % de ses activités devront être revendues par Veolia, pour se conformer aux lois antitrust. Les Chinois lorgnent la branche déchets et c’est le fonds d’investissement Meridiam, dont le patron est un autre soutien actif d’Emmanuel Macron, qui héritera de la distribution de l’eau (20 % du marché français). Voilà comment la gestion d’une ressource naturelle quitte le giron des industriels centenaires pour atterrir entre les mains d’acteurs uniquement attirés par des rentes sûres et confortables. L’« or bleu » devient en effet rare – et cher –, ce qui suscite un intérêt grandissant des grands fonds. Au robinet, le prix pour l’usager varie déjà en moyenne de 7 % entre les régies publiques et les opérateurs privés. L’affaiblissement de Suez et donc de la concurrence risque d’accroître cet écart. Ce sont aussi 4 000 emplois qui se trouvent directement menacés par l’élimination des « doublons » entre Veolia et son futur ex-concurrent.


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