Première ligne

Nous pensions que la loi « sécurité globale » passerait sans opposition majeure. L’actualité a cette fois fait déborder le vase.

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À force de décrypter les multiples atteintes à l’État de droit et aux principes démocratiques, nous avions fini par penser, à Politis, que ce nouvel épisode, cette loi « sécurité globale », serait digéré par la société sans opposition majeure. L’actualité a cette fois fait déborder le vase. La violence policière n’est pas née avec l’affaire Adama Traoré, ni même avec les gilets jaunes. Il suffit de vouloir s’y intéresser, comme nous le faisons, avec quelques autres médias, depuis des années. Mais pour beaucoup, il aura fallu attendre des images indéfendables, prises au cœur d’un arrondissement parisien plutôt cossu, pour qu’ils la voient comme un sujet d’importance nationale. Cette géographie de l’émotion démontre à elle seule combien la France est un pays profondément inégalitaire.

Dès les débuts du débat sur cette proposition de loi, Politis s’est joint aux rédactions et organisations professionnelles mobilisées, a appelé à manifester massivement le 28 novembre, et porté avec d’autres le recours – gagné le 27 novembre – contre l’arrêté du préfet de police Lallement qui entendait interdire le défilé. Nous ne descendons pas dans la rue par corporatisme. Notre réflexe est démocratique. Nous le faisons pour les libertés, celles de chaque citoyen·ne. Certain·es de nos confrères et consœurs se sont trouvé·es tout étonné·es de défiler le 28 novembre aux côtés de journalistes qu’ils qualifient d’ordinaire de « militants » ou « d’extrême gauche ». Bienvenue dans cette lutte !

L’accélération des projets gouvernementaux sur la « sécurité », tous liberticides, survient en pleine crise sanitaire. Nous n’y voyons pas un hasard, mais l’opportunisme d’un pouvoir pressé de maintenir, « quoi qu’il en coûte», son logiciel au service des plus riches, et de tuer dans l’œuf toute velléité de le contester. Tout en attaquant des principes fondateurs de l’État de droit, Macron et son gouvernement, avec le cynisme des nantis qui savent que les gens qui galèrent ou ont faim s’épuisent à survivre plutôt qu’à se révolter, continuent d’ignorer la pauvreté qui se répand dans tout le pays, comme nous en rendons compte dans ce numéro.

Lire > Pauvreté : Le choix de l'inaction 

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L’histoire ne s’arrête pas en ce mois de décembre 2020. La présidentielle, ce verrou qui corsète notre démocratie, n’est que dans seize mois. À Politis nous continuerons à mettre à nu ce pouvoir qui, malgré des revers, ne renonce pas à creuser son sillon illibéral en espérant renouveler pour cinq ans l’imposture de 2017.


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