Les musulmans priés de faire « allégeance »

Les représentants de l’islam de France sont sommés de signer une charte les engageant à renoncer à toute critique institutionnelle, notamment sur un « racisme d’État », entre menaces et injonctions contradictoires.

Nadia Sweeny  • 27 janvier 2021 abonné·es
Les musulmans priés de faire « allégeance »
Mohammed Moussaoui (2e à gauche), président du Conseil français du culte musulman, Chems-Eddine Hafiz, recteur de la grande Mosquée de Paris (2e à droite) et d’autres représentants du CFCM, à l’Elysée, à Paris, le 18 janvier 2021.
© Ludovic MARIN/AFP

F in 2020, une coalition de 36 ONG du monde entier a déposé une plainte contre la République française devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Toutes dénoncent un racisme institutionnalisé contre les musulmans en France. Parmi elles, des ONG musulmanes ralliées par d’autres qui s’inscrivent dans le mouvement décolonial comme les Bruxelles Panthères ou la Fondation Frantz-Fanon, dirigée par la fille de cette figure majeure de l’anticolonialisme. Après l’appel au boycott des produits français dans une partie du monde musulman l’été dernier, la France est donc désormais l’objet d’une plainte en bonne et due forme. Pour autant, on ne sait pas pour le moment quelles suites seront données.

Reprenant les derniers événements notables dans l’Hexagone – comme la série de perquisitions déclenchées au lendemain du meurtre de Samuel Paty, sans rapport direct avec l’enquête et que le ministre de l’Intérieur avait justifiées par l’objectif de faire « passer un message », ou encore les fermetures administratives d’associations comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) –, les ONG accusent l’État français d’exploiter la mort de l’enseignant « à des fins racistes et islamophobes ». Pour elles, l’attitude du gouvernement français a même « conduit les communautés musulmanes à devenir la cible d’une hostilité accrue, de l’islamophobie et d’une plus grande violence ». Or c’est exactement ce

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Aide à mourir : « J’ai peur qu’on me rembourse mon euthanasie plutôt que mon traitement »
Analyse 20 janvier 2026

Aide à mourir : « J’ai peur qu’on me rembourse mon euthanasie plutôt que mon traitement »

Après plusieurs reports, la proposition de loi sur l’aide à mourir est examinée au Sénat. Un texte redouté par de potentiels futurs patients et soignants concernés, tant son application reste floue dans un système de santé déjà fragilisé.
Par Isya Okoué Métogo et Chiara Kahn
Budget : après l’échec du compromis, Lecornu s’en sort par la force
Budget 20 janvier 2026 abonné·es

Budget : après l’échec du compromis, Lecornu s’en sort par la force

Devant son incapacité à faire vivre sa méthode de gouvernement, le premier ministre renonce à son engagement sur le 49.3. Mais il devrait réussir à tenir et imposer son budget grâce à la fébrilité des socialistes et de la droite.
Par Lucas Sarafian
Malgré le cessez-le-feu, la justice reconnaît que les Palestiniens de Gaza sont toujours persécutés par Israël
Justice 19 janvier 2026 abonné·es

Malgré le cessez-le-feu, la justice reconnaît que les Palestiniens de Gaza sont toujours persécutés par Israël

Le 19 décembre, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu dans une décision importante que, malgré le « cessez-le-feu », les Palestiniens de Gaza étaient toujours en danger en raison de leur nationalité. Il y a un mois, Mariam, jeune femme palestinienne, a obtenu le statut de réfugié. Elle témoigne.
Par Pauline Migevant
Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN
Sport 16 janvier 2026 abonné·es

Derrière la ferveur des supporters, l’origine décoloniale de la CAN

Compétition cruciale pour tout un continent et sa diaspora, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) porte en elle – et c’est moins connu – une dimension politique liée à l’histoire des décolonisations.
Par Kamélia Ouaïssa