Les pédagogies queer au service de l’émancipation

Au cœur des questionnements contemporains, le genre est pourtant absent de la formation des enseignants. C’est la raison d’être de l’association Queer éducation.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 6 janvier 2021 abonné·es
Les pédagogies queer au service de l’émancipation
© CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / dpa Picture-Alliance / AFP

L ’idée, avec les pédagogies queer, c’est de développer l’esprit critique des élèves, résume Loup, enseignant d’arts plastiques dans un collège de l’Essonne. Et c’est là notre principal argument pour nous défendre d’éventuels reproches de non-neutralité (1) ». Il s’agit de donner des clés aux adolescents pour « comprendre comment fonctionne la société » et les amener à se questionner sur les normes sociales qui la régissent. Des normes qui, elles, sont loin d’être neutres. C’est en tout cas ce que défend Queer éducation, l’association dont Loup fait partie, officiellement créée en juillet 2020. « En tant que personne trans au sein de l’Éducation nationale, j’ai éprouvé le besoin de faire partie d’un collectif qui traite de certaines questions, se souvient-il. Il n’en existait pas vraiment, mais j’ai entendu parler d’une initiative en cours. » Faute de pouvoir intégrer une structure déjà établie en lien avec le secteur éducatif, « je me suis dit que je pouvais contribuer à en créer une ! »

C’est Tim, professeur de français depuis trois ans, qui est à l’origine de ce projet lancé il y a plus d’un an et demi sur les réseaux sociaux. Son expérience du monde enseignant le confronte au fait qu’« être homosexuel dans un établissement scolaire soulève un ensemble de problématiques, vis-à-vis des élèves comme des personnels », qu’il lui est difficile de partager au sein de son établissement. « Pour lutter contre l’isolement des personnels queer », il crée un groupe Facebook où l’on constate que le manque de liberté au sein de l’Éducation nationale affecterait non seulement la pédagogie des professionnel·les et « leurs façons d’être », mais aussi les élèves. Enseignant·es, assistant·es d’éducation ou conseiller·ères principaux·ales

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