Aurélien Taché, le repenti

Depuis qu’il a quitté LREM, le député du Val-d’Oise est de nombre des combats de la gauche : violences policières, migrants, discriminations, luttes sociales…

Les traits tirés, le teint pâle : à 36 ans, Aurélien Taché porte les stigmates d’un homme en lutte. Depuis que le député du Val-d’Oise a quitté les bancs de La République en marche, en mai 2020, « il en prend plein la gueule », témoigne son équipe. Il est loin, le temps des faveurs du roi, quand ce « bébé Macron » déambulait d’un plateau de télé à l’autre sanglé dans un costard bleu marine façon start-up nation. Il était l’un des jeunes loups qui entouraient le Président lors de son accession à la fonction suprême. Ceux de la « bande de Poitiers », jeunes transferts du PS aspirés par la Macronie : Stéphane Séjourné, conseiller du Président et compagnon de Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, Pierre Person, ex-numéro 2 du parti, Sacha Houlié, député de la Vienne… Aurélien Taché était tout à gauche sur la photo. Le chouchou du Président, attaché aux questions d’immigration et de discriminations, qui lui parlait franchement.

Son image « de gauche » a surtout été bien utile au chef de l’État pour faire passer ses lois ultralibérales au début du quinquennat. Aurélien Taché a été de toutes les grandes œuvres antisociales : ordonnances travail, qui dégradent la représentativité syndicale et plafonnent les dommages et intérêts en cas de licenciement ; loi asile et immigration, qui « durcit l’accès au long séjour des mères isolées d’enfants français, obligées d’enchaîner les petits boulots sans insertion sociale possible », souffle Me Stéphane Maugendre, président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti).

Aurélien Taché fut aussi l’un des rapporteurs de la loi sur l’assurance-chômage. « Il n’est pas question de toucher au cœur de l’assurance-chômage », avait-il promis le 22 août 2018. Pourtant, celle-ci aboutit au déshabillage de l’Unedic, crée « plus de sanctions pour les chômeurs et génère énormément de précarité »,déplore Denis Gravouil, négociateur de la CGT pour l’assurance-chômage. Une loi qui devait même aboutir – jusqu’à l’annulation de cette mesure par le Conseil d’État – à un nouveau calcul des indemnités chômage : une perte considérable pour les plus précaires. Une loi « plus dure que les ordonnances de 2017 », de l’aveu même de l’entourage de Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail. « Une infamie », reconnaît aujourd’hui Aurélien Taché_.

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