La course au vaccin vire au chacun pour soi

La campagne vaccinale montre l’incapacité de l’industrie pharmaceutique à répondre équitablement aux besoins et le mot d’ordre politique d’un « bien commun » peine à s’imposer.

Deux fois et demie plus cher. C’est ce que l’Afrique du Sud est obligée de payer pour obtenir une livraison de 1,5 million de doses du vaccin AstraZeneca, en comparaison avec le prix négocié par les Européens, qui jouissent d’un plus grand pouvoir de persuasion et ont participé aux financements de la recherche. Ainsi va le marché du médicament en temps de pandémie. La pénurie fait rage et les laboratoires ne se privent pas pour faire monter les enchères.

Les pays du Nord se sont taillé la part du lion en versant en avance l’argent de précommandes massives. Et ce sont eux qui aujourd’hui se crispent en raison des retards de livraison, se montrant à la fois incapables de rompre la spirale de l’égoïsme généralisé – un constat d’échec particulièrement cruel pour l’Union européenne – et dépendants de l’industrie privée du médicament, qu’ils ont pourtant généreusement subventionnée pour l’aider, notamment, à mettre sur pied un vaccin (1).

Or, aucun industriel n’a la capacité d’honorer par ses propres moyens la demande. C’est toute l’industrie qui est donc progressivement mise en branle, au gré des accords commerciaux signés entre les laboratoires propriétaires des brevets et leurs sous-traitants, sous l’œil des autorités locales. Chaque pays négocie également de manière bilatérale des approvisionnements, ce qui a valu ses déboires à l’Afrique du Sud, pays pourtant le plus durement touché par la pandémie sur le continent africain.

Résultat, « 75 % des doses ont été déployées dans dix pays », s’indigne le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant le Conseil de l’Europe, le 27 janvier. Un « échec moral catastrophique », se lamente l’homme politique éthiopien, mais aussi une menace sanitaire pour tous : une pandémie qui dure, c’est en effet le risque d’un virus qui continue de muter.

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