Une histoire de lutte au fil de « L’Eau vive »

L’Eau vive, récompensé à Angoulême, retrace avec tendresse l’épopée de citoyens ayant résisté de 1986 à 1994 à un projet de barrage pour sauvegarder leur bout de Loire sauvage.

Vanina Delmas  • 17 février 2021 abonné·es
Une histoire de lutte au fil de « L’Eau vive »
© Damien Roudeau/Futuropolis

C’est une histoire injustement enfouie dans les oubliettes des luttes écologiques. Une histoire entre passé et présent, qui irrigue encore les veines et la mémoire de ses protagonistes. Des archives vivantes, toujours soudées aux rives de celle qu’ils ont défendue il y a plus de trente ans : la vallée de la Haute-Loire. En 1986, le ministère de l’Environnement, l’Établissement public d’aménagement de la Loire et de ses affluents (Epala) et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne signent une charte pour aménager la Loire. D’énormes projets de barrages émergent, dont celui du Serre de la Fare, à quelques kilomètres de la source du plus long fleuve de France.

Objectifs : maîtriser les caprices du fleuve grâce aux retenues d’eau qui éviteront des inondations semblables à celle de 1980 – qui a fait huit morts à Brives--Charensac. Qui permettront aussi de stocker de l’eau pour l’agriculture, de refroidir les centrales nucléaires et de transformer les gorges de la Loire en vitrine touristique – et donc de créer des emplois. Un programme plein de promesses mais qui nécessite d’engloutir 20 kilomètres de nature dont deux villages. Un lourd tribut que refusent de payer les habitants de la vallée. Alors ils créent le comité SOS Loire vivante et s’installent sur le site pour bloquer le chantier. L’occupation non violente cesse en

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes
#BD

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 libéré

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas