Au Liban, l’horizon est toujours bouché
En proie à la plus grave crise économique de son histoire, le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise politique. La population paie le prix fort, sans aucune perspective de sortie.
dans l’hebdo N° 1647 Acheter ce numéro

© Florient Zwein / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Ambiance morose dans les rues du quartier -Gemmayze, au cœur de la capitale libanaise. Il y a un an et demi encore, c’est ici que se retrouvait la faune nocturne, entre bars branchés et restaurants internationaux. Aujourd’hui, c’est un quartier en chantier permanent. L’explosion, le 4 août 2020, du port de Beyrouth, situé à quelques encablures de là, a touché la totalité des immeubles.
« Il n’y a même plus d’éclairage public le soir », regrette Thérèse, la cinquantaine, propriétaire d’un petit magasin d’alimentation dans la rue Gouraud. « Chaque jour, on doit réajuster les prix de la veille en fonction de l’évolution du cours de la livre libanaise. On est censés fermer la boutique à 20 heures en raison du confinement. Mais il y a tellement peu de clients à cause de la crise qu’on ferme dès 18 heures. »
Difficile de suivre le fil des calamités qui se sont abattues sur le pays depuis le mois d’octobre 2019 et la « Thawra », le mouvement de contestation populaire qui visait à faire tomber le système confessionnel et une classe politique corrompue au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). La crise économique qui couvait depuis plusieurs années a explosé en même temps que la colère populaire, mettant un terme au pari politico-financier sur lequel reposait le pays depuis les années 1990. En quelques mois, la livre libanaise, qui grâce à des ingénieries financières de la banque centrale libanaise jouissait depuis 1997 d’un taux de parité fixe avec le dollar (un dollar pour 1 500 livres, qui reste
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