Covid à l'école : « Ce protocole n’est pas assez protecteur »

Les personnels de l’Éducation nationale pointent unanimement les insuffisances des mesures en place, tant pour se prémunir de la pandémie que pour affronter ses effets psychologiques.

L’épidémie de coronavirus est repartie à la hausse, et ce qui semble être une -troisième vague déferle sur la France. Particulièrement touchés, 19 départements ont déjà été reconfinés. Dans les établissements scolaires de ces zones, les chiffres s’emballent. D’après le ministère de -l’Éducation nationale, à la date du 26 mars, il y avait 148 établissements fermés ainsi que 3 256 classes. Sur les sept derniers jours, plus de 21 000 élèves et 2 500 enseignant·es avaient été testé·es avec un résultat positif au Covid-19 en France. Depuis début mars, ces chiffres doublent chaque semaine. Pourtant, l’hypothèse d’une fermeture temporaire des écoles a été écartée lors de l’annonce du reconfinement. Armé·es d’un masque en tissu, de fenêtres ouvertes, de gel hydroalcoolique et surtout de bonne volonté, les profs continuent à faire cours avec les moyens du bord, dans la crainte d’être à leur tour contaminé·es.

Verbatim

Patricia*

52 ans, enseignante dans une école primaire d’Étampes

« En ce moment, il y a trois élèves positifs au Covid dans mon école. Il doit y en avoir plus en réalité, mais on n’a aucun moyen de le savoir. Je travaille dans une école REP, où il y a beaucoup d’absentéisme. Quand les élèves reviennent, ils nous disent qu’ils étaient malades. On ne sait pas si c’est le Covid ou non, car ils ne sont pas testés. Les locaux de l’école sont anciens et pas du tout adaptés au protocole sanitaire. Il y a douze robinets pour 310 enfants… Le masque complique l’apprentissage de la lecture et la phonologie, qui sont très importantes parce qu’on a des familles issues de communautés maghrébines, turques et d’Afrique noire qui ne parlent pas français. On a demandé des masques transparents, au moins pour les CP, mais on n’a rien eu. À la cantine, les services sont décalés, ce qui bouleverse les rythmes biologiques. Mes élèves ont une après-midi très longue et n’arrivent pas à se concentrer. Ce n’est pas gérable. Mais, si mon école ferme, les enfants seront en rupture totale. On a six mois de retard à rattraper depuis l’année dernière. Il faudrait laisser les écoles ouvertes mais s’assurer que les enfants fassent un test Covid avant de revenir en cours. »

Léa*

33 ans, professeure dans un lycée de la banlieue lyonnaise

« On ne sait pas combien il y a de cas dans notre lycée. Les collègues comme les élèves ne disent pas spontanément qu’ils avaient le Covid. Je suis jeune et sans comorbidité, je n’ai pas peur de mourir mais d’avoir un Covid long et les séquelles associées.

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