Dossier : Union : Gauches et écolos sous pression

Régionales : EELV, au centre du jeu

Portée par la puissance des enjeux écologiques, EELV apparaît comme la force centrale de ces régionales. Sa stratégie privilégiée de l’« autonomie » divise.

Galvanisé par les municipales, EELV privilégie la stratégie de « l’autonomie » : rassembler d’abord les écologistes, puis, éventuellement, une partie de la gauche derrière eux. C’est d’ailleurs le rôle principal du Pôle écologiste, créé à l’été 2020 avec Génération·s_, Génération écologie (GE), présidé par Delphine Batho, le Mouvement des progressistes, fondé par Robert Hue, ainsi que le parti Cap21 de Corinne Lepage et l’Alliance écologiste indépendante (AEI) de Jean-Marc Governatori, qui ont fusionné pour créer Cap écologie, fin février. Mais certaines de ces forces sont très contestées à gauche et rechignent, elles aussi, à l’éventualité d’un rapprochement. Corinne Lepage, ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac, soulignait en décembre que Cap21, GE et l’AEI ne sont « pas du tout sur une ligne d’accord avec La France insoumise, ce qui est parfois ambigu pour EELV dans certaines parties du territoire ».Le 18 mars, l’ancienne ministre a de plus suscité l’indignation de certain·es de ses allié·es en parlant sur LCI de « racisme anti-Blancs » à propos de l’Unef. Thomas Portes, porte-parole de Génération·s, l’accuse sur Twitter de reprendre « la rhétorique de l’extrême droite » : « Prenez votre carte au Printemps républicain, les choses seront plus claires. »_ Ambiance au Pôle écologiste.

Imbroglios

Ces tiraillements se répercutent dans les régions par des imbroglios parfois difficiles à démêler. En région Paca, alors qu’un premier vote interne, le 7 octobre, désigne comme tête de liste Olivier Dubuquoy, signataire d’un appel à un large rassemblement avec les gauches sur le modèle gagnant du Printemps marseillais, un second vote, le 17 janvier, opte – à 15 voix près – pour la stratégie d’autonomie. Conséquence : la région est mise sous tutelle de la direction nationale d’EELV et une autre tête de liste est choisie, Jean-Laurent Félizia, plus conforme à la stratégie du Pôle écologiste.

Bien que Le Canard enchaîné ait dévoilé l’arrivée massive et suspecte de nouveaux adhérents parfois anciennement engagés au FN, EELV invoque le respect absolu de la démocratie locale. « Dans nos statuts, le vote de la stratégie doit se faire avant celui pour la tête de liste, or ça n’a pas été le cas en région Paca, défend Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EELV. Chez nous, la démocratie est très importante. » Louable. Sauf que cette exigence est d’application fluctuante. Une autre région a inversé le processus sans que la direction nationale ne s’en émeuve. Dans le Grand Est, le RN est à 23 % des intentions de vote, selon l’Ifop, et la droite, avec 31 %, est donnée gagnante. Éliane Romani a été désignée tête de liste en novembre. Dans l’euphorie des municipales, la stratégie de l’autonomie fait consensus au congrès régional mais n’est pas mise au vote. Ce n’est que le 13 mars, après prise de contact avec le PS, que la stratégie électorale est proposée aux adhérents. Avec pour ligne rouge des éventuelles négociations, « le maintien de la tête de liste ».

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