Sénégal : La jeunesse « affamée, humiliée et frustrée »

Depuis le 3 mars, le Sénégal traverse le plus important mouvement de protestation de son histoire récente.

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Le Sénégal traverse le plus important mouvement de protestation de son histoire récente, depuis l’arrestation, le 3 mars, de l’opposant Ousmane Sonko, accusé de viol et de menace de mort par une employée d’un salon de beauté. Le troisième homme de la présidentielle 2019, qui crie au complot, a été relâché le 8 mars sous contrôle judiciaire. Devant des milliers de manifestants réunis à Dakar, il a appelé à amplifier la « révolution pacifique ».

Son arrestation a mis le feu à un monceau de colères accumulées depuis le début de la crise du Covid-19 et l’instauration d’un couvre-feu qui pénalise l’économie informelle. Les manifestations, débordant du cadre des organisations politiques, ont dégénéré en pillage, notamment contre des entreprises étrangères comme Total, Orange ou Auchan, symboles d’une économie qui profite surtout aux multinationales occidentales. « Les pillages sont un réflexe de survie d’une population affamée, humiliée et frustrée de voir les richesses de la nation confisquées par une minorité », affirme le Mouvement de défense de la démocratie (M2D), coordination de partis et d’organisations d’opposition fondée il y a quelques jours.

Amnesty International condamne quant à elle les nombreuses « arrestations arbitraires » constatées depuis plusieurs semaines, et les tirs à balles réelles sur les manifestant·es. Le pouvoir a également coupé le signal à deux télévisions qui avaient diffusé les images des manifestations en direct (SenTV et WalfTV). Huit manifestants ont été tués dans les répressions, dénonce également l’ONG. Le 9 mars, le président Macky Sall est sorti de son silence pour décaler le couvre-feu à minuit, contre 21 heures jusqu’à présent.


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