Manifestations festives et créatives « contre la réintoxication du monde »

Une quarantaine d’actions ont été menées dans toute la France, samedi 17 avril, pour dénoncer des projets inutiles et imposés dans toute la France.

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Deux premières salves d’actions avaient déjà secoué les quatre coins de la France : la première le 17 juin 2020, à la sortie du premier confinement ; la deuxième le 17 novembre 2020, pendant le second confinement. La troisième vague a eu lieu le 17 avril 2021, dans un contexte sanitaire encore incertain. D’ailleurs, certaines actions ont dû faire fi d’interdictions préfectorales ou municipales pour exister, mais le collectif à l’origine de l’appel à « Agir contre la réintoxication du monde » se réjouit de la quarantaines de rassemblements locaux :

Malgré les restrictions croissantes sur les libertés publiques et les possibilités de manifester liées au contexte sanitaire, le 17 avril apparaît comme une nouvelle étape forte de mise en réseaux de résistances locales. [...] Chacune de ces luttes sait qu'on ne fait pas reculer l'adversaire sans s'entêter, tenir le terrain et annoncent quasi-toutes d'autres rendez-vous.

Parmi les luttes les plus emblématiques et médiatiques, quelques anciennes mais toujours d’actualité comme celle à Wittelsheim contre l’enfouissement ad vitam aeternam de 42.000 tonnes de déchets toxiques au fond de Stocamine. Mais aussi certaines qui prennent de l’ampleur face à l’urgence, comme celle pour préserver les jardins ouvriers des Vertus, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, menacés par l'urbanisation accélérée des Jeux Olympiques 2024. Les bulldozers sont déjà sur place et le début des travaux est imminent.

En Loire-Atlantique, la lutte s’engage contre des carrières de sable mettant en péril des terres agricoles à Saint-Colomban et Soudan. Sur le plateau de Millevaches, les habitants se sont indignés face aux récentes coupes rases en forêt. À Crots, dans les Hautes-Alpes, 200 personnes ont occupé un terrain prisé par un projet de golf.

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La bataille contre l’implantation d’entrepôts géants se répand sur tout le territoire : à Sens (Yonne), les habitants ont crié « L' écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage » pour s’opposer à l’arrivée d’un entrepôt de e-commerce sur 40 hectares de terres cultivées, tandis que dans le Tarn, c’est une plateforme de 70.000 m2 destinée au e-commerce qui concentre les colères. À Marquillies (Nord), 250 personnes ont enterré le plan climat local suite à un projet d’entrepôt logistique géant.

Le 17 avril, c’était aussi Journée internationale des luttes paysannes. L’occasion de mettre le sujet de la souveraineté alimentaire et la solidarité sur le devant de la scène, et de défier les lobbies de l’agrobusiness. À l'initiative de la Confédération Paysanne, des paysan.nes ont brandi des pancartes en bengali et en hindi pour soutenir les agriculteurs indiens qui se révoltent depuis le mois de novembre contre une réforme qui veut accélérer la libéralisation du marché agricole.

Manifestations, vélorutions, fêtes, artivisme, sabotages, rassemblements, détournements, plantations, blocages, occupations… Les modes d’actions étaient aussi variés que créatifs. Le détournement publicitaire a été plébiscité notamment à Bordeaux, où l'immense affiche publicitaire Apple de la place de la Bourse a été recouverte de jets de peinture noire forçant ainsi son retrait immédiat. Ou encore à Dijon, où des panneaux publicitaires de projets immobiliers et zones d’activités économiques ont été détournés pour interpeller les habitant.es de la métropole sur la destruction programmée de centaines d’hectares d’espaces naturels et cultivables.

Autant de preuves montrant que la crise sanitaire n’a anesthésié ni l’éclosion de projets inutiles et imposés, ni les résistances en lutte contre eux. Le prochain rendez-vous est donné par le collectif Les soulèvements de la Terre les 22 et 23 mai au Pertuis en Haute-Loire afin de défendre des terres et paysans menacés par les travaux de la déviation de la RN88.

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