À Briançon, solidarité en bande organisée

La justice maintient la pression sur les solidaires des exilés dans les Hautes-Alpes. Le 27 mai, les « 7 de Briançon » ont été jugés en appel. Le même jour, deux maraudeurs ont été condamnés à du sursis.

Pierre Isnard-Dupuy  • 2 juin 2021 abonné·es
À Briançon, solidarité en bande organisée
Manifestation de soutien aux « 7 de Briançon », le 8 novembre 2018 à Gap.
© JEAN-PIERRE CLATOT/AFP

J e pourrais plaider toute la nuit sur le délit de solidarité. Les gens que vous avez en face de vous sont nobles et désintéressés. » Au terme d’une audience fleuve, l’avocat William Bourdon se dit « ému » de défendre celles et ceux que leurs soutiens ont surnommé les « 7 de Briançon ». Ils sont jugés ce 27 mai par la cour d’appel de Grenoble, plus de trois ans après les faits. Fin décembre 2018, le tribunal de Gap les avait condamnés pour « aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière en bande organisée », à six mois de prison avec sursis pour cinq d’entre eux et douze mois de prison dont quatre ferme pour les deux autres.

Le 22 avril 2018, ils avaient participé à une manifestation entre Claviere, dernier village italien avant la frontière, et Briançon, sous-préfecture des Hautes-Alpes. La marche dénonçait l’action anti-migrants menée la veille par Génération identitaire, ainsi que la « militarisation de la frontière », source de « mise en danger » selon les associations qui aident

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système
Analyse 26 juin 2026 abonné·es

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système

L’affaire touchant le chanteur rappelle une évidence trop souvent oubliée : les violences prospèrent rarement seules. Elles s’inscrivent dans des structures qui les tolèrent, les couvrent ou les encouragent. Comment l’industrie musicale produit des monstres.
Par Lise Lacombe
Meurtre de Nahel : le combat des mots
Médias 24 juin 2026 abonné·es

Meurtre de Nahel : le combat des mots

Dès les premières heures après la mort de Nahel, les mots des médias grand public ont déshumanisé le jeune homme. L’éventualité d’un retour du terme « meurtre » dans le débat public, avant le procès du policier, autorise la perspective d’un autre regard sur « l’affaire Nahel ».
Par Ramdan Bezine
« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »
Entretien 24 juin 2026 abonné·es

« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »

Nemetodorum est une pièce de théâtre documentaire créée par Nicolas Sene, avec comme point de départ la mort de Nahel Merzouk le 27 juin 2023. Le cinéaste, artiste et acteur de terrain dans la ville des Hauts-de-Seine cherche à inscrire dans le champ culturel la mémoire de ce drame.
Par Kamélia Ouaïssa
« Sans nous, il y aurait eu un autre drame »
Reportage 24 juin 2026 abonné·es

« Sans nous, il y aurait eu un autre drame »

Trois ans après les révoltes consécutives au meurtre de Nahel Merzouk, les mères du quartier du Moulin Neuf, à Stains, reviennent sur les raisons qui les ont poussées, ce soir-là, à occuper la rue.
Par Kamélia Ouaïssa