Climat : Fin de fête pour les pétroliers

Par la justice ou les actionnaires, les géants des fossiles sont désormais sous pression pour réduire leurs émissions.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Les assemblées générales (AG) des « majors » pétrolières se sont achevées sur une série de coups de théâtre, délivrant l’avertissement clair qu’elles n’en font pas assez pour le climat. Déjugeant le conseil d’administration, les actionnaires de Chevron ont adopté à 61 % une motion exigeant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de ses produits. Chez Exxon, le message a viré à la claque, à l’issue d’une bataille de communication massive qui a coûté 65 millions de dollars aux deux camps protagonistes : deux des candidat·es présenté·es par le fonds d’investissement pro-climat Engine n° 1 accèdent au conseil d’administration (12 postes), et c’est si serré qu’un troisième pourrait les rejoindre. Une première retentissante, également par la manière : l’actionnaire activiste est lilliputien (0,02 % des parts), mais en entraînant les plus gros calibres de l’AG il est parvenu à ses fins. L’épisode prend même l’allure d’une parabole, alors qu’Exxon incarnait il y a peu encore la morgue du tout-pétrole roi, finançant des études pour démentir le réchauffement climatique. Première capitalisation boursière au monde il y a dix ans, la firme a vu depuis son cours s’effondrer, sanctionné par cet aveuglement stratégique.

En France, cette saine bise tarde à souffler. La « stratégie climat » de Total a été adoptée à plus de 90 %, brocardée par les associations qui relèvent qu’elle autorise… une augmentation de la production d’hydrocarbures. Alors même que la conservatrice Agence internationale de l’énergie (AIE) vient d’opérer un inimaginable revirement : juste avant les AG pétrolières, elle a livré une feuille de route exhortant à l’abandon de tout nouvel investissement dans les énergies fossiles, face au monumental défi climatique. Et les sanctions tombent désormais, avec une nouvelle décision judiciaire historique aux Pays-Bas. Après la condamnation de l’État pour motif identique, c’est la Shell qui vient d’écoper d’une obligation de réduire ses émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030, en cohérence avec l’accord de Paris.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.