La foule a célébré la mémoire de la Commune

En ce 150e anniversaire, des milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de la capitale, jusqu'au mur des Fédérés pour honorer les morts de la Commune de Paris.

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En l'absence de commémoration officielle, la Commune de Paris a eu droit cette année à un hommage populaire, festif et engagé. Ce qui, somme toute, vaut mieux qu'un hypocrite discours d'Emmanuel Macron, plus à l'aise pour évoquer la mémoire de Napoléon que la fin tragique d'une révolution de gens qui n'étaient rien pour les Versaillais, dont il est l'héritier. Pour son 150e anniversaire, 89 organisations avaient appelé à donner une résonance particulière à la montée au mur des Fédérés, devenu le lieu de mémoire d'une révolution réprimée dans le sang, qui n'aura duré que 72 jours.

Lire > Ce 29 mai, faisons le « Mur » !

Ce 29 mai, rendez-vous avait été donné dès 10h, sur la place de la République, pour des animations, spectacles, prises de parole, pique-nique... Sous un beau soleil, plusieurs organisations signataires de l'appel avaient dressé des stands et tables de vente, donnant au rassemblement qui grossissait au fil des heures un petit air de kermesse.

Peu avant avant 14h, l'historien Roger Martelli, coprésident des Amies et Amis de la Commune de Paris, la plus ancienne association de la mémoire de 1871, rappelait, au nom des organisateurs, ce qu'a été la Commune :

Contrairement à ce qui continue de se dire 150 ans plus tard, la Commune ne fut pas une convulsion éphémère, le sursaut barbare d’une plèbe barbare et avide de sang. Elle fut une révolution, la troisième du XIXe siècle. Elle fut donc un moment où des femmes et des hommes se dressent en masse, où les invisibles se manifestent pour dire qu’il n’y a pas de fatalité ni aux inégalités, ni à l’oppression du plus grand nombre, ni au mépris des plus modestes. La Commune fut un grand et beau mouvement populaire qui déboucha sur ce qui ne s’était jamais vu auparavant, et ne sera plus avec la même force par la suite. Elle met en place une assemblée dans laquelle la population pouvait se reconnaître parce qu'elle était enfin à son image, parce que les ouvriers y étaient enfin en nombre. Ajoutons qu'elle a mis en place des élus qui ne considéraient pas qu'ils étaient tout puissants mais qu'ils étaient mandatés par leurs électeurs et qu'ils devaient respecter leur mandat. Et dans leur esprit ce mandat était clair : la République bien sûr mais pas n'importe laquelle, la République démocratique, sociale et universelle.

Avant de signaler l'importance de la montée au « Mur » de ce 150e anniversaire, une montée pour l'occasion unitaire :

Pour la première fois depuis bien longtemps nous allons marcher dans les rues de Paris. De la République, qui en a tant besoin, jusqu'au mur des Fédérés où le peuple a tant souffert. Nous qui nous réclamons de l'héritage de la Commune nous allons marcher ensemble. On ne pouvait espérer un plus beau cadeau d'anniversaire 150 ans après.

Une montée, faut-il le signaler, qui s'est déroulée sans incident. Et qui, sans doute de ce fait, a très rarement été mentionnée dans les médias.


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