Dossier : Ces jeunes qui popularisent l'antifascisme

Maya : « Donner à voir un féminisme antifasciste »

« L’extrême droite a toujours été et sera toujours sexiste. » Maya Valka

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Quand on pense antifa, on imagine souvent un milieu extrêmement masculin, viriliste, violent et inaccessible aux femmes. Ce n’est pas la réalité des organisations antifascistes créées récemment : Maya Valka en est une illustration. Figure publique de la section parisienne de la Jeune Garde, elle y est engagée depuis sa création, en octobre 2020. « À Paris, quand on s’est lancés, la situation était plus calme que dans d’autres villes, notamment parce qu’un travail antifasciste de terrain était très bien mené depuis plusieurs années, mais ça n’a pas empêché des attaques, notamment de cortèges en manifestation. » Pour cette militante et ses camarades, créer une Jeune Garde avait pour objectif de créer une organisation antifasciste fournissant un travail « du quotidien » non pas dans l’urgence, mais pour tenir le terrain et empêcher l’extrême droite de se développer.

Si les femmes sont nombreuses au sein des différentes sections de la Jeune Garde, c’est à Paris qu’elles sont le plus visibles. Choisir Maya comme figure publique s’est imposé comme une évidence : « Pour moi, antifascisme et féminisme vont ensemble. J’étais dans des organisations féministes, mais il me manquait quelque chose de plus antifasciste, et qui s’inscrive davantage dans du concret, du quotidien, un quartier. » Sur les photos de groupe postées sur les réseaux sociaux, la parité est presque systématiquement respectée, fait rare pour un groupe antifasciste. Et cette présence féminine influe certes sur l’image, mais aussi sur le discours porté par l’organisation, qui multiplie les prises de position féministes : « L’extrême droite veut normaliser ses idées et faire croire que son camp serait le garant des droits des femmes. C’est évidemment complètement faux, il suffit de voir les positions du RN, par exemple, sur le vote récent sur l’allongement du délai d’IVG. L’extrême droite a toujours été et sera toujours sexiste, et contre les femmes. »

L’organisation revendique un « féminisme international de classe », qui s’oppose aux attaques contre les droits des femmes aussi bien en France qu’ailleurs : « L’extrême droite, dès qu’elle est au pouvoir, s’oppose aux luttes féministes. C’est un cas qui me touche particulièrement parce que j’ai des origines polonaises, et mes cousines, mes nièces ne peuvent plus avorter en Pologne. C’est inadmissible. C’est quelque chose qui me tient à cœur, déjà en tant que féministe, mais encore plus en tant que féministe antifasciste, parce que c’est un recul du droit des femmes qui est arrivé à cause de l’extrême droite. C’est notre devoir de militer contre eux, pour toutes les femmes. » Pour Maya, impossible d’imaginer militer avec des collectifs qui se disent féministes tout en portant des idées d’extrême droite, comme Némésis, collectif « féministe identitaire » au discours tout sauf féministe et ouvertement xénophobe, qui nie le patriarcat et entretient de nombreux liens avec d’autres groupuscules d’extrême droite. « Elles sont de plus en plus médiatisées, et on ne peut pas lutter contre leurs idées sans une dimension antifasciste dans notre féminisme. »


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