Université d'été du PS : Les socialistes s’y voient déjà

À son Campus de Blois, la direction du PS a dévoilé les grandes lignes de son projet pour 2022 et déroulé le tapis rouge à Anne Hidalgo, dont la candidature se précise.

Au Parti socialiste, on a le sens des symboles et de la mise en scène. L’an dernier, pour la première fois de son histoire, sa direction abandonnait La Rochelle, lieu traditionnel de ses rentrées politiques, pour la ville de Blois. Autant pour tourner la page des années Hollande que pour annoncer la renaissance du parti au poing et à la rose dans une ville marquée par cette période historique. Les socialistes étaient alors requinqués par leurs succès aux municipales. Mais l’heure était encore au dialogue avec les autres formations de gauche et les écologistes. Plusieurs de leurs représentants, invités, étaient venus débattre dans les tables rondes puisqu’Olivier Faure, premier secrétaire du PS depuis 2018, n’excluait pas de se ranger derrière un candidat qui incarne « le bloc social et écologique », même s’il n’était pas de son parti.

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Un an plus tard, cette ouverture n’est plus de mise. La réélection en juin de leurs cinq présidents sortants aux régionales, celle aussi de leurs équipes départementales, et l’absence de conquête des écologistes à ces deux scrutins, a remisé cette modestie au rayon des accessoires. Le PS se voit désormais en « force motrice » de la gauche. La seule.

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Et entend imposer comme une évidence la candidature d’Anne Hidalgo. D’abord dans ses rangs puisque le maire du Mans, Stéphane Le Foll, la conteste et réclame un débat qu’elle refuse. Mais aussi aux écologistes et aux communistes auprès de qui Olivier Faure se donne « plusieurs mois pour faire triompher la raison ».

Accueillie à la gare par le patron du PS, applaudie pour sa seule présence lors de la séance inaugurale, Anne Hidalgo était vendredi soir la vedette d’une « soirée militante » organisée dans la cour du château royal de Blois, où elle est entrée sous la musique d’« Hasta Siempre » jouée par un orchestre entre une haie de militants ravis. On l’a même vue chantonner les paroles de cette chanson écrite en l’honneur de Che Guevara et esquisser quelques pas de danse. Avant de recevoir, en guise d’adoubement, les éloges et encouragements des élu·es – maires, député, eurodéputée, président de département et président·es de région – qui, à l’instar de Carole Delga, espèrent qu’elle « devienne la première femme élue présidente de la République » et l’entouraient sur le perron aménagé pour des prises de parole.

© Politis

« Les rois de France, lui a lancé le maire des lieux, Marc Gricourt, c’est ici leur deuxième résidence… Anne tu es ici chez toi ! » Mais ce soir-là, la reine Anne n’aura rien dévoilé de ses intentions, comme elle était restée évasive l’après-midi dans une table ronde sur le multilatéralisme, se contentant de juger « le moment difficile et grave » notamment sur « la question climatique » ou celle des « inégalités », et d’affirmer son attachement au « parti de Jaurès, Blum, Mitterrand et Jospin », qui a fait « de grandes réformes, de grandes transformations ». Tout le monde aura remarqué l’absence de Hollande dans cette galerie des grands ancêtres.

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