Maintien de l’ordre : la politique de l’escalade

Les actions des autorités policières sont de deux natures : préventive et répressive. Mais la seconde s’est manifestement accentuée ces dernières années.

Maxime Sirvins  • 22 novembre 2021 abonné·es
Maintien de l’ordre : la politique de l’escalade
Durant le seul mouvement des gilets jaunes (ici le 20 avril 2019 à Paris), cinq manifestants ont eu la main arrachée et une quinzaine ont été éborgnés.
© Maxime Reynié

Afin de maintenir l’équilibre entre la liberté de rassemblement et d’expression et la protection de l’ordre public, des personnes et des biens, la doctrine française du maintien de l’ordre repose traditionnellement sur deux principes. Premièrement, l’utilisation d’unités de forces mobiles spécialisées (CRS et gendarmes) offre l’assurance d’avoir en tout temps et sur tout le territoire des policiers et des gendarmes mobilisables rapidement. Leur spécialisation et leur organisation quasi militaire permettent, avec l’effet de corps, de désindividualiser les agents durant toutes les confrontations et donc, techniquement, d’éviter des initiatives personnelles propices aux excès.

Deuxièmement, la mise à distance des manifestants par une posture dissuasive (barrages et lignes de boucliers) a pour but, en théorie, d’éviter le contact physique et donc d’atténuer les violences. On lit ainsi dans le code de la sécurité intérieure que « l’emploi de la force par les représentants de la force publique n’est possible que si les circonstances le rendent absolument nécessaire au maintien de l’ordre public [...]. La

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien