Ne lâchons pas le travail !

Autant que des augmentations, ce qu’exigent les salarié·es, c’est cesser de souffrir au travail.

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La grande démission ! À l’hôpital, dans les Ehpad et le secteur médico-social, dans l’hôtellerie-restauration, dans l’industrie et le bâtiment, c’est la fuite devant un travail insoutenable. Les maigres hausses de salaire consenties par le Ségur de la santé n’ont en rien enrayé l’exode, qui risque d’aboutir à l’effondrement de notre système hospitalier : outre ceux supprimés par les restrictions budgétaires, des milliers de lits supplémentaires sont fermés parce que les soignant·es démissionnent en masse.

Aux États-Unis, la presse fait ses gros titres sur le « Big Quit » : le taux de démission a explosé depuis septembre 2021. Notre patronat se lamente de « difficultés de recrutement » inédites, ce pourquoi Macron veut obliger les salarié·es à accepter n’importe quel emploi en réduisant les allocations-chômage.

Bien sûr, avec l’inflation qui redémarre et les profits qui flambent, les salaires et le pouvoir d’achat préoccupent et mobilisent. Mais ne nous y trompons pas : autant que des augmentations, ce qu’exigent les salarié·es, c’est cesser de souffrir au travail, pouvoir se reconnaître dans ce qu’ils et elles font, pouvoir faire un travail utile et de qualité. Bref, reprendre la main sur leur travail.

Dans cette campagne présidentielle, la droite célèbre une prétendue « valeur travail » visant en fait surtout à stigmatiser les sans-emploi, tandis que la gauche et les écologistes parlent surtout de RTT et de transition écologique, sans vraiment faire le lien avec le maltravail et les manières d’en sortir. La dernière réforme pour soigner le travail date… de 40 ans ! C’étaient les lois Auroux de 1982.

Il faut sortir de ce déni politique et donner au travail la place qu’il mérite dans le débat public. Comment la pandémie a-t-elle changé notre rapport au travail ? Que signifie la recherche de sens qui motive aujourd’hui nombre de bifurcations professionnelles ? De quelle manière faire reculer la « gouvernance par les nombres » au bénéfice du travail attentionné ?

Dans l’activité concrète de travail, comment la contradiction capital/nature se manifeste-t-elle aux yeux de celles et ceux qui travaillent ? Comment instituer la défense du vivant dans l’organisation du travail ? Comment faire de la RTT un instrument de la sortie du productivisme et de la reprise en main du travail par les premier·es concerné·es ?

Coopératives, communs, circuits courts… Comment s’appuyer sur les initiatives solidaires pour instituer des avancées démocratiques dans l’organisation du travail et commencer à penser une sortie de la subordination salariale ?

C’est à ces enjeux que tentera de répondre l’assemblée citoyenne pour la démocratie au travail, organisée par les ateliers Travail et démocratie, le samedi 15 janvier à la Bourse du travail de Paris (1). Avec les témoignages et les propositions de travailleuses et de travailleurs de la santé, de l’éducation, du monde industriel et agricole…

(1) Les inscriptions sont ouvertes ici https://www.billetweb.fr/ateliers-travail-et-democratie1


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