« Un peuple », Emmanuel Gras : La révolte au cœur

Avec Un peuple, Emmanuel Gras propose une plongée parmi les gilets jaunes à Chartres. Sans pathos, il rend compte d’un exercice démocratique remarquable autour de la détresse sociale.

L e 17 novembre 2018, en France, des centaines de milliers de manifestants se soulèvent contre une nouvelle taxe “écologique” sur le carburant. Après plusieurs semaines de mobilisation, la contestation s’élargit, se révélant l’expression d’une colère bien plus profonde. Dans tout le pays, à la périphérie des villes, des ronds-points sont occupés par ceux qui s’appellent désormais les gilets jaunes. Un mouvement est en train de naître, constitué d’une multitude de groupes. Ce film raconte l’histoire de l’un d’entre eux : les gilets jaunes de Chartres. » Le banc-titre, en préambule de ce documentaire, Un peuple, donne le ton, annonce la couleur dans les pigments feu orangé.

Travelling arrière depuis une rue qui s’ouvre plein champ sur la cathédrale de Chartres, surmontée de ses deux flèches. Une zone pavillonnaire, une autre chargée d’immeubles, de bâtiments, de HLM sans doute, de bureaux déshumanisés, déclinée sur la chanson de Nino Ferrer, « La Maison près de la fontaine ». Une cité urbaine comme une autre, avec son pourtour commercial, ses enseignes, sa signalétique, ses grandes surfaces et leurs gigantesques parkings gavés de bagnoles et de caddies. Au loin, vu du ciel, on devine une étendue de champs. Ça sent « l’hydrogène sulfuré », dit la chanson de Nino Ferrer. Ça transpire surtout la société. Une contemporanéité. Tombe la nuit. Et l’occupation d’un rond-point. Avec ses feux de camp, ses points de chauffe. Voilà pour le décor planté.

Un décor dans lequel Emmanuel Gras (signant auparavant notamment Bovines et Makala) a installé, trimbalé sa caméra (et plutôt trimbalé qu’installé, au diapason du mouvement, mais sans jamais rendre sa caméra instable), filmant une bataille, une révolte qui se construit, soir après soir (après le turbin, faut bien taffer pour croûter en journée). On a besoin de « chaleur humaine », on sent la ferveur et la solidarité. Des gens soudés, « fiers et dignes », qui demandent un peu de justice, un brin d’égalité dans les richesses.

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