Tunisie : Le Parlement dissous, son Président convoqué
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dans l’hebdo N° 1700 Acheter ce numéro
Un nouveau cap a été franchi, mercredi 30 mars, dans la dérive autoritaire de l’exécutif tunisien. Son président, Kaïs Saïed, continue d’étouffer les contre-pouvoirs et a décidé de dissoudre le Parlement. L’homme à sa tête, Rached Ghannouchi, également chef du parti Ennahda (seule réelle force d’opposition dans le pays), a annoncé dans la foulée avoir été convoqué par la justice. Les deux décisions font suite à l’organisation d’une séance, en dépit du gel de l’institution prononcé fin juillet 2021 par le gouvernement. Plus de la moitié des députés réunis y ont voté contre les mesures de Kaïs Saïed et réclament des élections législatives et présidentielle anticipées. Résultat : près d’une trentaine de ces élus jugés frondeurs et accusés de « comploter contre la sécurité de l’État » sont convoqués par la brigade antiterroriste.
Rached Ghannouchi a rebondi sur ces annonces. Selon lui, cette dissolution s’inscrit « dans la continuité des décisions prises depuis juillet, considérées comme un coup d’État ». Un terme fort que Kaïs Saïed prend plaisir à s’approprier, qualifiant lui-même la réunion d’une instance démocratique essentielle de « tentative de coup d’État manquée ».
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