Chris Ware, politiques strips
Le Centre Pompidou met en lumière un auteur majeur de la bande dessinée, subtil analyste de la société de consommation états-unienne.
dans l’hebdo N° 1711 Acheter ce numéro

© Hervé Véronèse – Centre Pompidou
Loin, très loin du rêve américain. Chez Chris Ware, on est souvent en présence d’un personnage seul, inadapté au monde. Il y a aussi beaucoup de silence, qui témoigne des difficultés pour construire une relation humaine. La raison en est simple : le mitage progressif de nos modes de vie par la société de consommation. Mais jamais l’auteur, lauréat du 49e Grand Prix d’Angoulême en 2021 et « génie du dessin qui se déteste lui-même », selon les mots de Riad Sattouf, ne l’énonce ainsi.
C’est au milieu des livres de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, à Paris, que se succèdent -« l’enfant le plus malin du monde » – surnom de Jimmy Corrigan, un gosse qui reçoit un jour une lettre de son père, qu’il n’a jamais connu, personnage éponyme du comics paru en 2000 ; une fleuriste unijambiste jamais nommée, de l’album Building stories (2012) ; ou Joanna Cole, l’héroïne afro-américaine de Rusty Brown (2020). Une galerie de personnages
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