En Pologne, les mères ukrainiennes réfugiées sous pression
Massivement accueillies chez les particuliers avec leurs enfants, les femmes ukrainiennes sont appelées à devenir autonomes financièrement. À partir de juillet, le gouvernement ne prendra plus en charge les frais d’hébergement et de nourriture de leurs hôtes.
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© Catherine Abou El Khair
I maginez comment, du jour au lendemain, elles ont dû tout abandonner », lance Sofiia. Fini la routine, le sac à dos des enfants préparé le soir pour partir à l’école le matin suivant. Au Badaboom, elle regarde ces dizaines de mamans ukrainiennes qui l’entourent. Toutes sont venues, comme elles, en ce début juin, dans ce centre de loisirs privé où l’on peut aussi boire un café. Un joyeux bazar : attablés, certains enfants font du dessin tandis que d’autres se déchaussent pour se défouler dans une belle salle de jeux. À l’intérieur, les mères peuvent se servir en vêtements, en pâtes, en conserves ou en produits d’hygiène mis à disposition sur place. Les cours de polonais ou d’anglais, pour tous les âges, y sont gratuits. À l’extérieur, sous le soleil et sur le gazon, une ONG étrangère organise une animation pour les petits. Une autre distribue des pizzas. Depuis le début de la guerre en Ukraine, cet endroit hybride, à la fois café et salle de jeux, est tout tourné vers les Ukrainiennes et leurs enfants. « On s’occupe de 400 familles », lance Bogumil, le responsable du lieu. Ici, à Rzeszow, capitale régionale polonaise située à 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, les services de la ville estiment qu’il y avait, fin mai, près de 20 000 réfugiés, s’ajoutant à une population d’environ 200 000 habitants.
Sofiia est arrivée en Pologne dès les premiers jours du conflit, avec ses fils de 7 et 9 ans. Vivant juste derrière la frontière, à Volodymyr-Volynskyï, elle s’est installée ici en mars, dans l’annexe d’une maison où loge un vieux couple de
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