Entre Nupes et quartiers populaires, un rendez-vous manqué ?

Certains militants déplorent le manque de représentativité sociale de leur groupe à l’Assemblée, mais insistent sur la nécessité de rester structurés et de maintenir des liens avec les députés alliés.

Hugo Boursier  • 29 juin 2022 abonné·es
Entre Nupes et quartiers populaires, un rendez-vous manqué ?
Salah Amokrane prend la parole lors d’un meeting de La France insoumise à Toulouse, le 3 avril 2022.
© Lionel BONAVENTURE / AFP

Renouvelée, oui. Représentative, non. Entre ces deux affirmations lapidaires pour qualifier l’Assemblée nationale, Salah Amokrane dessine les contours d’une « situation paradoxale ». « D’un côté, on peut se féliciter qu’il y ait beaucoup plus de députés de gauche dans l’Hémicycle et que ce paramètre offre une capacité d’expression et d’actions politiques qu’on n’a pas connue depuis longtemps, s’enthousiasme le militant toulousain. De l’autre, dès le début des discussions sur les investitures, on a bien vu que le compte n’y serait pas. Un certain nombre d’acteurs locaux auraient pu faire leur entrée au Parlement. Là, c’est quasiment inexistant. »

Dix jours sont passés depuis les législatives et, pourtant, un goût amer demeure dans la bouche de certains. C’est le cas de Salah Amokrane. Lui en sait quelque chose : il était aux premières loges. L’un de ceux qui, au sein du réseau national On s’en mêle (lire Politis n° 1699, du 31 mars 2022), voulait se porter candidat pour les élections. Il en était question, début mai, lors d’une rencontre entre une délégation du collectif et La France insoumise (LFI). La semaine avait vu défiler les cadres d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), du Parti socialiste, du Parti communiste et du Nouveau Parti anticapitaliste. Et là, c’était leur tour, à ces porte-voix des luttes qui ont appelé à voter Jean-Luc Mélenchon, le 10 avril, dans une tribune tonitruante : les différents mouvements issus des quartiers populaires préférant, d’habitude, ne pas donner de consignes de vote. Il flottait dans l’air cette étrange impression d’accéder à une marche d’ordinaire inaccessible, non sans une certaine vigilance. Chez certains, la cicatrice des trahisons passées ne se referme jamais.

Dès les premières discussions sur les investitures, le compte n’y était pas.

Mais le texte, unique en son genre, est arrivé tardivement. Si la plupart des regards sont alors portés sur le premier tour de la présidentielle, d’autres

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »
Entretien • 3 novembre 2026 abonné·es

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »

Nathalie Tehio, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme, décrypte les mécanismes du virage autoritaire et appelle à une mobilisation collective pour défendre les libertés fondamentales.
Par Pierre Jacquemain
Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire
Analyse • 3 novembre 2026 abonné·es

Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire

Marine Le Pen, Jordan Bardella, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Emmanuel Macron… Les pontes de la droite et de l’extrême droite redoublent de propositions toujours plus sécuritaires face à la colère sociale.
Par Lucas Sarafian et William Jean
Commission d’enquête sur le 17 octobre : petite histoire d’un crash politique
Décryptage • 28 octobre 2026 abonné·es

Commission d’enquête sur le 17 octobre : petite histoire d’un crash politique

À l’Assemblée, le bloc macroniste cède aux menaces du Rassemblement national et plaide pour que leur candidat soit représenté parmi les rapporteurs de la commission. La gauche appelle à respecter le vote de la commission des lois et à lancer les travaux.
Par Lucas Sarafian
Loi « casseurs-payeurs » : la nouvelle arme judiciaire du gouvernement
Répression • 27 octobre 2026 libéré

Loi « casseurs-payeurs » : la nouvelle arme judiciaire du gouvernement

En panne d’idées, Sébastien Lecornu ressort des cartons un vieux projet de loi. Ce texte, une obsession de nombreux ministres macronistes, est déjà durci par la droite sénatoriale. La gauche y voit une porte ouverte aux idées les plus répressives.
Par Lucas Sarafian et Céline Martelet