L’espace, nouvelle frontière de la guerre… et des profits !

Alors que la coopération internationale s’étiole, le cosmos s’impose comme un nouveau champ de bataille pour la domination mondiale. Les géants américains du privé s’y taillent la part du lion.

Objectif Lune ! Le 7 juin dernier, le Centre national d’études spatiales (Cnes) annonçait la ratification par la France des « accords Artemis », pilotés par la Nasa, et qui conditionnent la future exploration du satellite lunaire, alors que l’agence spatiale américaine prévoit d’y envoyer à nouveau des hommes, cinquante ans après la dernière mission Apollo. Initialement signés le 13 octobre 2020 par des représentants des agences spatiales nationales de huit pays (Australie, États-Unis, Canada, Italie, Japon, Luxembourg, Émirats arabes unis et Royaume-Uni), les accords ont depuis été approuvés par l’Ukraine, la Corée du Sud ou encore Israël, tandis que la Russie et la Chine, les deux grandes puissances rivales et/ou ennemies, affûtent à part leurs propres rêves de conquête de l’infini.

Car derrière le vernis des engagements négociés de manière bilatérale avec Washington, censés garantir le respect des traités internationaux, notamment celui de 1967 interdisant formellement l’appropriation nationale de parcelles du satellite lunaire, c’est bien une course vers la privatisation des richesses spatiales qui a débuté entre Chinois, États-Uniens et Russes, sur fond d’une nouvelle course aux armements.

« Nos alliés et nos adversaires militarisent l’espace », s’inquiétait Florence Parly le 25 juillet 2019, à l’occasion de sa « présentation de la stratégie spatiale de défense ». Et l’ex-ministre des Armées de détailler les nouvelles armes des « adversaires », comme le satellite Luch Olymp lancé par la Russie, capable d’espionner, de brouiller ou d’éblouir ses pairs, et qui a déjà « laissé sa carte de visite à 8 nouveaux satellites appartenant à différents pays ». « Les moyens de gêner, neutraliser ou détruire les capacités spatiales adverses existent et ils se développent », ajoutait Florence Parly, tout en dénonçant en creux la voracité de l’allié américain et ses « entreprises de la Silicon Valley qui s’emparent de l’espace, parfois au mépris de l’autorisation des États dont elles relèvent ».

Réflexion française

La France réfléchit désormais à une nouvelle stratégie pour surmonter ce double défi : la multiplication des acteurs étatiques et privés dans l’espace, et l’accélération de sa militarisation, symbolisée par la réactivation par Donald Trump du Space Command en août 2019 – dans le sillage du National Defense Authorization Act, promulgué dès 2018 – comme l’un des onze commandements interarmées de combat du Pentagone. Il avait pourtant été mis en sommeil après le 11 septembre 2001, lorsque l’effort de guerre de Washington avait été entièrement redéployé dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme ».

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