Les luttes, c’est classe, et en plein renouveau !

Le sociologue Manuel Cervera-Marzal décrypte l’évolution des mobilisations face à une répression toujours plus brutale.

Olivier Doubre  • 14 septembre 2022 abonné·es
Les luttes, c’est classe, et en plein renouveau !
© Tensions lors de la manifestation contre la loi « Sécurité globale » à Paris en novembre 2020. (Photo : Antonin Burat / Hans Lucas AFP.)

En juin 2008, Nicolas Sarkozy déclarait, dans un sourire arrogant : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. » Le constat peut sans doute être étendu aux manifestations classiques, encadrées par les services d’ordre syndicaux, sans débordements. « La manifestation se déroulait de façon paisible, prévisible. » Jusqu’au mitan des années 2010, en dépit de quelques épisodes de violences de rue, souvent au moment de la dispersion des participants.

Ce fut le cas en 1986 lors du mouvement contre le projet de loi Devaquet, en 1993 contre le Contrat professionnel d’insertion (CIP), et en 2006 contre le Contrat première embauche (CPE). Mais assez rares furent les autres moments d’affrontements lors de défilés dans les rues de Paris ou d’autres grandes villes.

Dans ce petit essai dense, mais à la lecture aisée, Manuel Cervera-Marzal, sociologue à l’université de Liège, spécialiste des mobilisations contestataires contemporaines, estime que les choses ont changé après la mort de Rémi Fraisse. Ce jeune

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