Au lycée, le SOS des SES

Le ministère de l’Éducation a retiré un des huit chapitres en sciences économiques et sociales des épreuves du bac général. Une annonce qui passe mal, dans un contexte déjà tendu.

Politis  • 5 octobre 2022
Partager :
Au lycée, le SOS des SES
© Photo : Frederic Petry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP.

La semaine dernière, le ministère de l’Éducation nationale a livré aux enseignants et aux élèves les nouveaux programmes d’examen pour les épreuves du baccalauréat général portant sur les enseignements de spécialité, qui ont désormais lieu en mars.

En sciences économiques et sociales (SES), plusieurs professeurs ont été surpris d’apprendre que sept chapitres – et non plus huit – seront finalement exigés. En effet, le chapitre « Quelle est l’action de l’école sur les destins individuels et sur l’évolution de la société ? » a été retiré des attendus.

Un mois après la rentrée des classes, cette annonce passe mal auprès de la communauté éducative. « Pour les enseignant·es ayant commencé par ce chapitre, il n’y aura aucun aménagement. Le ministère s’assoit ainsi sur l’égalité de traitement des candidat·es à l’examen et continue d’instaurer un climat d’angoisse dans les classes jusqu’au mois de mars, tant pour les enseignant·es que pour les élèves », dénonce l’Association des professeurs de SES (Apses).

Cadence effrénée

Cette décision place, selon elle, le nouveau ministre, Pap Ndiaye (photo), dans la lignée de son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, adepte des « passages en force ».

L’Apses pointe aussi du doigt le calendrier resserré issu de la réforme du bac de l’ancien ministre : le déplacement en mars des épreuves de spécialité (soit toutes les matières hormis la philosophie et le grand oral) oblige les profs à tenir une cadence d’enseignement effrénée.

« Le programme attendu reste complètement démesuré et en total décalage avec la réalité des rythmes d’apprentissage d’élèves de lycée », écrit l’association, avant de conclure : « Avec le bac en mars, le ministère continue d’ériger -Parcoursup et son principe de sélection comme priorité absolue, au détriment de la formation intellectuelle et citoyenne des élèves. »

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible
Presse • 25 septembre 2026 abonné·es

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible

Depuis plusieurs semaines, ces organisations sont accusées d’être des ennemies du pluralisme, d’entretenir des biais idéologiques. Des attaques en provenance de politiques de droite et d’extrême droite mais également d’éditorialistes, de journalistes présentateur·trices. Un virage inquiétant.
Par Céline Martelet
À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État
Luttes • 24 septembre 2026 abonné·es

À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État

En Loire-Atlantique, défenseurs des droits humains et défenseurs de l’environnement s’allient pour tenter d’interrompre la construction d’un centre de rétention administrative dans un bois et sur une zone humide.
Par Mathilde Doiezie
Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention

Au CRA de Cornebarrieu, près de Toulouse, plusieurs personnes ont tenté de se suicider depuis fin août, après l’entrée en vigueur de la loi qui prolonge la durée maximale de rétention de 90 à 210 jours. Des actes de désespoir ont été relevés dans d’autres CRA.
Par Pauline Migevant
Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté

Depuis 2012, Delphine Huet accuse de viol son supérieur dans la police. Après un non-lieu, elle dénonce un système qui détruit les plaignantes, et se tourne vers le suicide assisté en Belgique.
Par Zoé Grandjacques