Climat : inverser le rapport de force

La COP 27 s’est soldée par un véritable fiasco. Plus que jamais, les citoyens doivent se mobiliser en faveur du climat.

Dominique Plihon  • 7 décembre 2022
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Climat : inverser le rapport de force
© CC0 / Pxhere.com

La COP 27, qui s’est tenue en Égypte du 6 au 18 novembre, s’est soldée par un véritable fiasco face à l’objectif prioritaire de la lutte contre le dérèglement climatique. La déclaration finale ne comporte aucun engagement nouveau pour réduire les émissions de CO2. Les gouvernements ont fait preuve d’une véritable « dissonance cognitive » collective.

Car, d’un côté, ils continuent d’affirmer leur attachement à l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C et, de l’autre, ces mêmes gouvernements ne peuvent ignorer que l’absence de mesures nouvelles met la planète sur la trajectoire de 2,8 °C, comme le démontrent les travaux du Giec !

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Cette situation de blocage doit être mise en relation avec la présence à Charm El-Cheikh de 636 lobbyistes des énergies fossiles, affiliés à certains des plus gros géants pollueurs du pétrole et du gaz, inscrits pour les discussions climatiques à la COP 27. Comme l’écrit le journal canadien Le Devoir,
« la COP 27 a été prise en otage par les industries fossiles ».

Il est vital, pour l’avenir de la planète, que les citoyens du monde, jouant le rôle de contre-pouvoir, se mobilisent contre cette collusion mortifère entre les États et les entreprises, industrielles et financières, qui continuent d’œuvrer à l’exploitation des énergies fossiles, principale cause du réchauffement climatique.

L’écocide perpétré par les industries fossiles, avec la complicité des gouvernements, n’est-il pas la forme de criminalité la plus dangereuse ?

L’enjeu est de créer un rapport de force en faveur des défenseurs du climat et de la planète. L’expérience montre en effet que les avancées récentes dans ce domaine sont dues aux mobilisations citoyennes.

Ainsi, c’est à la suite de campagnes menées par les ONG et les chercheurs, dénonçant les financements qu’elle apportait aux secteurs producteurs et utilisateurs d’énergies fossiles, que la Banque centrale européenne a été amenée à décider, en juillet 2022, d’« intégrer les considérations de changement climatique dans la politique monétaire ».

De même, c’est grâce à la mobilisation de plusieurs centaines d’ONG que, à la suite d’un vote du Parlement européen en novembre 2022, les pays de l’Union européenne vont être amenés à sortir du Traité sur la charte de l’énergie (TCE), qui protège les intérêts des entreprises des énergies fossiles.

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Il y a de multiples façons de faire pression sur les décideurs publics et privés pour qu’ils arrêtent de réchauffer la planète et pour dénoncer leur collusion scandaleuse : manifestations citoyennes, interpellation des élus et des gouvernements, actions en justice ou actions citoyennes
sur le terrain.

Il est important de ne pas relâcher la pression et de ne pas se laisser impressionner par les tentatives d’intimidation des responsables de l’inaction climatique, qui n’hésitent pas à traiter d’« écoterroristes » les activistes défenseurs du climat. L’écocide perpétré par les industries fossiles, avec la complicité des gouvernements, n’est-il pas la forme de criminalité la plus dangereuse ?

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