Michel Cloup : chaos debout
Verbe haut, poings fermés et cœur serré, le nouvel album de Michel Cloup, Backflip au dessus du chaos secoue autant qu’il émeut.
dans l’hebdo N° 1736-1738 Acheter ce numéro

© Billie Cloup
Album après album, Michel Cloup trace son sillon bien à lui dans le paysage du rock français, en musicien indépendant et soucieux de le rester, faisant vivre une certaine idée de la musique, la sienne : des disques sombres où percent quelques lumières, souvent âpres, parfois doux, malaxant aussi bien les coups de colère contre l’époque que les coups de cafard intimes, sur la ligne de crête entre fractures collectives et fêlures personnelles.
Michel Cloup est une voix qui importe, toujours à hauteur humaine. Le Toulousain se définit lui-même comme un « ouvrier du spectacle ». Il nous livre depuis une trentaine d’années une foisonnante matière sonore à travers divers projets : de Diabologum, son groupe le plus connu, en passant par Expérience, Lucie Vacarme et ses quatre albums sous son nom, jusqu’au récent À la ligne. Chansons d’usine en 2020, adaptation du livre de Joseph Ponthus, en collaboration avec son compère Julien Rufié et Pascal Bouaziz, du groupe Mendelson.
« Lâcher la bride »Backflip au-dessus du chaos porte bien son nom : c’est un saut acrobatique artistique et existentiel pour le musicien, qui a composé et enregistré seul ces trois dernières années la quasi-totalité de cet opus : « Je voulais retrouver une certaine naïveté. Et lâcher la bride, retrouver le goût de l’expérimentation (1). » Comme du temps de Diabologum, auquel le premier titre, « En attendant demain », fait un clin d’œil avec ce « Quand j’ai ouvert les yeux… », qui ouvrait #3, le plus célèbre album du groupe (1996).
Michel Cloup, toutes
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Nayra : « La méritocratie dans le rap vient de la capitalisation de l’industrie »
« Sad and Beautiful World », désespoir et des espoirs
« Peau de serpent », lumière noire