Écologie : contradictions individuelles et crise culturelle

Une enquête sociologique s’interroge sur l’efficience de la « conversion écologique » tant vantée et les contradictions dans lesquelles sont pris les citoyens au quotidien. Quand un autre essai entend trouver des solutions en portant le combat pour l’écologie sur le terrain culturel…

Olivier Doubre  • 18 janvier 2023 abonné·es
Écologie : contradictions individuelles et crise culturelle
Tag au pied d’un panneau publicitaire lumineux.
© Maylis Rolland / Hans Lucas via AFP.

Dur d’être – vraiment – écolo ! C’est le sentiment qui risque de vous gagner à la lecture de La Conversion écologique des Français, essai rigoureux se fondant sur l’évolution des enquêtes d’opinion portant sur les préoccupations environnementales à travers les cinq continents, mais en particulier sur une enquête menée en 2017 auprès d’un échantillon représentatif de la population française.

Il livre une analyse fine de la prise de conscience de ces enjeux – diffuse et large, mais inégale dans le temps, selon les lieux et les classes sociales –, et ainsi des dimensions sociales et politiques de la transition écologique. Et les quatre auteurs, appréhendant « la dynamique historique des attitudes environnementales », de s’interroger en début d’ouvrage : « Demain, tous écolos ? »

Force est d’admettre qu’aujourd’hui, la question de la justice sociale n’est plus seulement, comme cela le fut longtemps, celle d’une répartition plus équitable des fruits de la croissance, mais également, et de plus en plus, celle de la répartition du « fardeau des externalités ».

Rappelons qu’une externalité est un « effet externe » produit par l’activité économique d’un agent, généralement sans contrepartie monétaire, qu’elle soit positive (comme une utilité ou un avantage), ou au contraire négative (comme une nuisance, un dommage sans compensation, une perte de ressources).

Par exemple, la pollution induite par l’exploitation des matières fossiles ou la dangerosité sanitaire d’un travail rémunéré sur la seule base horaire d’une activité salariée, sans prendre en compte les dommages corporels liés à celle-ci.

Cette enquête sur la population française souligne tout d’abord « l’essor tardif » des préoccupations écologiques, longtemps concentrées sur les questions de pollution et de risques industriels, alors qu’aujourd’hui, c’est la question climatique qui occupe le devant de la scène, avec une montée relative de la justice environnementale.

Paradoxe français

Mais l’étude relève aussi un « paradoxe français » : le sentiment

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier
La « nouvelle France », un débat qui vient de loin
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

La « nouvelle France », un débat qui vient de loin

De la pensée révolutionnaire au nouveau slogan des insoumis, l’universalisme français n’a cessé de muter selon les contextes, révélant une contradiction entre tentation hégémonique et volonté d’ouverture.
Par Juliette Heinzlef et Alix Garcia
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet