« Il faut repolitiser la gestion de l’eau »
Présidente d’Eau de Paris jusqu’en 2014, Anne Le Strat a piloté le passage de la gestion de l’eau de la capitale en régie municipale. Elle plaide pour une démocratisation du secteur.
dans l’hebdo N° 1764 Acheter ce numéro

© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Présidente d’Eau de Paris jusqu’en 2014, Anne Le Strat a piloté le passage de la gestion de l’eau de la capitale en régie municipale, une victoire face aux multinationales. Dans son nouvel ouvrage, Eau : l’état d’urgence, elle plaide pour une démocratisation du secteur, afin de protéger l’intérêt commun face aux intérêts privés prédateurs.
"La rétention d’eau est de plus en plus difficile avec l’artificialisation des sols. En parallèle, l’augmentation de la demande en eau pour des usages agricoles, industriels ou même de loisirs nous prend dans un effet ciseaux." (Photo : Hannah Assouline.)Au début de votre livre, vous expliquez qu’il existe plusieurs types de sécheresse : météorologique, hydrologique et maintenant anthropique. Pouvez-vous expliquer ces différentes définitions ?
La sécheresse météorologique est la plus évidente à observer : il pleut ou bien il ne pleut pas. La sécheresse hydrologique concerne l’état de l’eau dans les sols et dans les nappes phréatiques. Plus de deux tiers des nappes françaises sont actuellement en dessous de leur niveau normal, le débit des cours d’eau est déjà par endroits à son niveau d’étiage (1). On parle aussi de sécheresse agricole – relative à un déficit hydrique dans les sols et la végétation. C’est d’ailleurs cette « eau verte » qui vient d’être définie comme la sixième limite planétaire récemment franchie.
Le concept de sécheresse anthropique est plus récent et traduit la pression des usages humains sur la ressource. La rétention d’eau est de plus en plus difficile avec l’artificialisation des sols. En parallèle, l’augmentation de la demande en eau pour des usages agricoles, industriels ou même de loisirs nous prend dans un effet ciseaux. Il faut donc s’adapter à ce nouveau contexte, mais surtout réduire la pression des activités humaines.
Même si la situation varie d’un territoire à l’autre, ce sont essentiellement l’industrie et l’agriculture qui accaparent la ressource. Dans mon livre, je prends l’exemple
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Europe : (trop) chaud devant ! , Les batailles de l'eau et En eau potable trouble
Pour aller plus loin…
Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »
« Tous les transports publics du quotidien devraient être gratuits »
La pollution, un impensé colonialiste