Pour la gauche, le défi de « sortir par le haut »

En assumant d’expliquer la légitimité de la colère tout en appelant à l’apaisement, les élus de la Nupes tentent de promouvoir des mesures politiques face à la crise.

Hugo Boursier  • 5 juillet 2023 abonné·es
Pour la gauche, le défi de « sortir par le haut »
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à l'Assemblée nationale en mai 2023.
© Lily Chavance

"On n’en sortira ni par le déni ni par la violence aveugle. On s’en sortira par le haut : par la vérité, par la justice, par l’égalité. » À gauche, face au tunnel des violences urbaines qui ont éclaté depuis la mort de Nahel, mardi 27 juin, on cherche les issues de secours. À l’image de François Ruffin qui, dans sa note de blog publiée jeudi 30 juin, invite Emmanuel Macron à s’engager sur « des solutions qui réparent les maux ». Une manière d’éteindre les critiques qui le visaient à la suite d’un tweet qu’il concluait, le jour du décès de l’adolescent, par un énigmatique : « Porter l’uniforme de la République implique des devoirs. Pour les policiers, comme pour les citoyens : enquête et justice. » Depuis, l’élu de la Somme tente péniblement de renverser la vapeur pour montrer qu’il a un message clair en direction des quartiers populaires urbains. Et énumère les problèmes à régler : « La ségrégation urbaine, les discriminations à l’embauche, le trafic de drogue et les réseaux mafieux, les moyens pour les élus locaux, les associations, la revalorisation des métiers des premiers et premières de corvée, le soutien aux mères célibataires qui tiennent tout le foyer sur leur dos. »

« L’offensive d’extrême droite  envenime tout »

Elsa Faucillon

Vaste chantier. Nécessaire, assurément, tant l’absence de réponses politiques du président de la République a laissé le champ libre à la Nupes. La France insoumise propose un plan d’urgence intitulé « Justice partout ». Les mesures vont de l’abrogation « immédiate » des dispositions de la loi Cazeneuve de 2017 à la création

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