« Le sujet c’est Israël, pas la Nupes » : Olivier Faure sous pression

La position de LFI sur l’attaque terroriste du Hamas en Israël met la direction du PS et en particulier Olivier Faure en difficulté. Le parti à la rose semble plus proche que jamais de la rupture avec les insoumis.

Nils Wilcke  • 11 octobre 2023
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« Le sujet c’est Israël, pas la Nupes » : Olivier Faure sous pression
Olivier Faure lors d'un débat à la Fête de l'Humanité, le 16 septembre.
© Michel Soudais

Anne Hidalgo a lancé les hostilités mardi soir avec une interview choc au Parisien, en réclamant la fin d’une « mésalliance » avec Jean-Luc Mélenchon. « Je dis stop ! a lancé la maire de Paris. Olivier Faure emmène tout le monde dans le mur. » Nicolas Mayer-Rossignol en a rajouté une couche dans Challenges : « On ne peut pas travailler avec des gens incapables de qualifier le Hamas d’organisation terroriste », a déclaré le maire de Rouen et premier secrétaire délégué du parti.

Il y a des milliers de morts et leur seule obsession, c’est de donner tort à Olivier, c’est indécent.

L’alerte est chaude, d’autant qu’un premier coup de canif a été porté à la Nupes dès lundi. Le groupe PS à la région Ile-de-France a suspendu ses relations avec le groupe LFI, tandis que les députés socialistes à l’Assemblée ont cessé de leur côté de « tout travail » commun au sein de la Nupes sur les questions budgétaires. Mais ne dites pas à Olivier Faure qu’il est sous pression. « Tout est prétexte à créer des crises, on a l’habitude », minimise l’un de ses proches auprès de Politis. En coulisses néanmoins, le patron du PS était furieux, selon nos informations. « Ils sont comme fous », ricane un éminent socialiste, qui a des contacts dans les deux camps.

Sur le même sujet : Les attaques du Hamas fracturent un peu plus la gauche

Sale ambiance au bureau national

Sitôt l’interview d’Anne Hidalgo publiée, les téléphones ont chauffé, d’autant que les huiles du parti étaient en réunion préparatoire pour le bureau national le soir-même. Du côté des anti-Nupes, on défend le « coup d’éclat » d’Anne Hidalgo : « Elle n’est pas dans le calcul, jure l’un de ses collaborateurs. Pour Anne, condamner les auteurs d’actes terroristes comme le Hamas, c’est un inconditionnel. Tout le monde s’est levé pour rendre hommage aux victimes, sauf LFI [c’est inexact, N.D.L.R.], c’est la honte. Faure n’est pas à la hauteur. » Voire. « Il y a des milliers de morts et leur seule obsession, c’est de donner tort à Olivier, c’est indécent », s’écrie un proche du premier secrétaire du PS.

La question du maintien de l’alliance avec LFI s’est donc invitée au bureau national le 10 octobre au soir. « L’ambiance n’était pas très bonne », euphémise un participant. « Les attaques contre Olivier Faure de certains socialistes dans la presse ne sont pas à la hauteur », a attaqué Johanna Rolland. « C’est la directrice de campagne d’Anne Hidalgo ou la numéro 2 du parti qui s’exprime ? », a persiflé un élu, en référence au départ de la maire de Nantes en pleine présidentielle.

Depuis janvier, avec ceux qui sont obsédés par LFI tout est prétexte à créer des crises.

« Trop, c’est trop. Un cap a été franchi, les propos de LFI sont scandaleux, il faut partir », lui ont répondu des membres de Refondations, le courant d’Hidalgo et du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol. « Il faut arrêter cette obsession avec Mélenchon, le sujet c’est Israël, pas la Nupes », a tenté de recadrer Olivier Faure. L’interview de François Ruffin au Monde, en forme de mea culpa pour LFI, lui a donné un peu d’air, de même que l’intervention d’Hélène Geoffroy.

« Ça va être la guerre au conseil national »

Cette proche de François Hollande, pourtant farouchement anti-Nupes, a proposé de renvoyer le sujet au conseil national, sorte de parlement du parti, qui doit se tenir samedi 14 octobre. « Hélène ne veut pas que le PS décide à la va-vite une rupture avec LFI. C’est une question stratégique qui doit être débattue plus largement », explique l’un de ses alliés à Politis.

Côté pile, le patron du PS gagne un peu de temps. Côté face ? « On devait afficher notre unité au Conseil national, ça va être encore la guerre », prédit un vieux routard du parti. « Depuis janvier, c’est le congrès permanent au parti avec ceux qui sont obsédés par LFI tout en se prenant pour les champions du socialisme. Tout est prétexte à créer des crises », s’agace-t-on côté Faure. « Olivier ne veut pas être celui qui casse la Nupes, il estime qu’il faut préserver une alliance électorale alors qu’elle n’existe plus depuis un bon bout de temps », observe un membre de Refondations.

Lundi, Olivier Faure regrettait que Jean-Luc Mélenchon « parasite » les discussions avec LFI avec ses tweets sur X (anciennement Twitter), lors de la réunion de groupe des députés PS. « Il y a un vrai ras-le-bol de ses excès », reconnaît-on à la direction. « Personne ne peut contrôler Mélenchon mais il va falloir qu’il comprenne qu’il se disqualifie tout seul pour incarner l’union. » À l’impossible, nul n’est tenu…


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