Accepter de ne pas comprendre l’Autre
Dans un essai inattendu pour une anthropologue, Anne-Sylvie Malbrancke raconte avec une sincérité captivante le voyage intérieur de son vécu auprès de populations papoues.
dans l’hebdo N° 1785 Acheter ce numéro

© Antoine Boureau / Hans Lucas / AFP
Le dernier ouvrage d’Anne-Sylvie Malbrancke se lit comme un roman d’aventures. Il ne s’agit pourtant pas d’une fiction, mais du carnet de bord d’une anthropologue relatant par le menu plus d’un an de sa vie auprès de populations papoues. Dès les premières pages se pose la question qui nous en a fait retarder un temps la lecture : derrière ce titre magnifique – Les Désillusions de l’ailleurs –, n’allait-on pas se heurter à une rugueuse théorisation, de ces éruditions qui tamisent radicalement le lectorat pour n’en retenir que les gens de son sérail ? Non. La spécialiste a écrit pour nous autres. « L’engagement total du corps et de l’esprit que réclame cette discipline est largement escamoté des ouvrages anthropologiques […] qui ne racontent rien, ou très peu, de l’apprentissage du terrain, ce balbutiement, ce moment de sueur et de tripes, où l’anthropologue tâtonne, hésite, trébuche, se relève – ou non. »
Nous étions venus apprendre leur langue, mais dans la nôtre.
Anne-Sylvie Malbrancke est thésarde quand elle entreprend, en 2013, de se rendre chez les Baruya, à Wuyabo, où le grand anthropologue Maurice
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