« Le Silence », l’adieu au dialogue

Lorraine de Sagazan et son dramaturge Guillaume Poix s’inspirent de l’œuvre d’Antonioni pour proposer au Théâtre du Vieux-Colombier une passionnante expérience théâtrale. En renonçant à la parole, ils interrogent profondément leur art, sa capacité à faire sens.

Anaïs Heluin  • 21 février 2024 abonné·es
« Le Silence », l’adieu au dialogue
Dans un paysage théâtral où règnent les pièces dont la forme concourt avec le fond pour délivrer un message, l'expérience est, ici, est revigorante.
© Jean-Louis Fernandez

Entre le couple que Lorraine de Sagazan mettait en scène dans son premier spectacle, Les Démons, en 2015 au Théâtre de Belleville à Paris et celui qu’elle fait incarner aujourd’hui dans Le Silence au Théâtre du Vieux-Colombier à des membres de la troupe de la Comédie-Française, on découvre bien des points communs. Dans les deux cas, le temps, l’habitude a éloigné l’un de l’autre ceux qui un jour sans doute ont été unis par l’amour.

Et à dix ans d’écart, c’est au milieu d’un dispositif bifrontal que ces derniers vivent leurs déchirements, sous les yeux d’un spectateur qui en est le témoin privilégié sinon le voyeur. Entre les deux spectacles pourtant, une transformation profonde a eu lieu. Dans Les Démons, les

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Théâtre
Temps de lecture : 4 minutes