Avec la VIe République, les unionistes veulent maintenir ce qu’il reste de la Nupes

Une petite bande de députés s’investissent sur le sujet de la démocratisation de notre régime politique. Une campagne parallèle ayant l’objectif de maintenir les canaux de communication entre partis et de poser la première pierre pour 2027.

Lucas Sarafian  • 29 mars 2024 abonné·es
Avec la VIe République, les unionistes veulent maintenir ce qu’il reste de la Nupes
Benjamin Lucas, député Génération.s (groupe Écologiste Nupes), un des artisans de l'union à gauche, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, le 19 décembre 2023.
© JULIEN DE ROSA / AFP

La gauche vit dans plusieurs univers à la fois. Depuis quelques jours, deux campagnes sont menées en parallèle. D’un côté, les partis de gauche, tous divisés, qui se disputent à peu près le même électorat pour espérer faire le meilleur score possible pour les européennes de juin. De l’autre, les députés les plus « unionistes » de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes) qui tentent de maintenir, tant bien que mal, les liens entre les formations.

Cette bande essaie de convaincre le petit monde de la gauche que l’unité est la seule solution pour accéder au pouvoir en 2027. Et elle sort une de ses cartes maîtresses : la VIe République. « L’idée est de mener un travail de fond sur la question démocratique. Nous en sommes à un moment d’épuisement républicain, de “lepénisation” du débat public, de défiance des institutions, de perte de sens démocratique…, énumère le député Génération.s (groupe Écologiste Nupes) Benjamin Lucas. Nous devons répondre aux attaques des macronistes qui répètent depuis 2022 que nous sommes en dehors de l’arc républicain alors qu’ils construisent un pont avec l’extrême droite. »

Crise démocratique

Une série de petites initiatives émergent. Le samedi 23 mars à l’Assemblée nationale, Benjamin Lucas organise un colloque au titre évocateur : « La République en burn out ». Deux jours plus tard, un meeting commun se tient à Domène (Isère). Le socialiste Boris Vallaud, la communiste Elsa Faucillon, la frondeuse insoumise Raquel Garrido et les écologistes Jérémie Iordanoff et Cyrielle Chatelain se succèdent à la tribune pour répondre à une question pour le moins vertigineuse : « Comment résoudre la crise démocratique ».

« On ne doit pas observer de loin ce gouvernement qui fait

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Sur X, les députés RN font comme si le procès n’existait pas
Enquête 23 janvier 2026

Sur X, les députés RN font comme si le procès n’existait pas

Ouvert depuis le 13 janvier, le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national n’inspire presque aucun soutien sur le réseau social de la part des députés frontistes. Ce silence pousse, de fait, à considérer que le parti a déjà fait son choix pour 2027 en plaçant Jordan Bardella dans la course à l’Élysée.
Par Hugo Boursier
Procès FN-RN en appel : Marine Le Pen coule et embarque les coaccusés avec elle
Justice 23 janvier 2026 abonné·es

Procès FN-RN en appel : Marine Le Pen coule et embarque les coaccusés avec elle

Devant la cour d’appel, la présidente des députés RN tente de faire tomber l’élément central du jugement, celui qui la place à la tête d’un détournement organisé. Pour y parvenir et sauver 2027, elle concède des « ambiguïtés » et laisse l’addition politique à ses proches.
Par Maxime Sirvins
« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »
La Midinale 23 janvier 2026

« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »

Jonathan Durand Folco, professeur à l’université Saint-Paul à Ottawa (Canada) et auteur de Fascisme tranquille : affronter la nouvelle autoritaire aux éditions Écosociété, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Avoir le courage de ses convictions » : un an avant 2027, la droite assume l’alliance avec le RN
Rassemblement national 21 janvier 2026 abonné·es

« Avoir le courage de ses convictions » : un an avant 2027, la droite assume l’alliance avec le RN

Pour les municipales, de nombreuses figures locales s’entendent avec le Rassemblement national. À l’Assemblée, des députés LR jouent sur le terrain de Marine Le Pen. Les digues continuent de s’effondrer.
Par Lucas Sarafian