« Dispak Dispac’h », une très saine contagion

Pour aborder la question des politiques migratoires, Patricia Allio imagine un dispositif de circulation de la parole. Pas exactement un spectacle, plutôt un « espace de contagion affective », Dispak Dispac’h bouscule les formes habituelles autant que les pensées.

Anaïs Heluin  • 27 mars 2024 abonné·es
« Dispak Dispac’h », une très saine contagion
Aux antipodes d’une tendance très en vogue à brandir des sujets sensibles, souvent politiques, pour éviter de les creuser en profondeur, Patricia Allio prend le temps d’aller vers son sujet.
© Emmanuel Valette

Si Patricia Allio poursuit d’une création à l’autre une même réflexion sur la vulnérabilité, un même effort pour mettre en lumière celles et ceux qui d’habitude sont dans l’ombre de nos sociétés, son rapport à la forme n’a de cesse de se réinventer. Depuis sa première création, sx.rx.Rx (2004), où elle confiait à un acteur la « langue insurrectionnelle » imaginée par Samuel Daiber, interné et dépossédé de ses droits dans un hôpital psychiatrique en Suisse, l’artiste bretonne se déplace d’un medium à l’autre.

Après plusieurs spectacles mêlant de façon toujours différente texte, jeu, image ou encore son, elle met par exemple en pratique son goût de la composition dans Brûler pour briller (2023), où une figure androgyne multiplie les rencontres inattendues en traversant les époques. Le traitement de la fragilité va toujours chez Patricia Allio avec un franchissement de frontières, qu’elles soient temporelles, esthétiques ou encore sociales ou politiques.

Le traitement de la fragilité va toujours chez Patricia Allio avec un franchissement de frontières.

Consacré aux politiques migratoires, son spectacle ­Dispak Dispac’h offre une entrée profonde et délicate dans un univers artistique qui ne cesse de se construire et de se transformer au contact de l’Autre. Une fois les spectateurs déchaussés et assis sur des praticables, Patricia Allio vient elle-même dire la fécondité de la rencontre, sans en cacher la difficulté. Au

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Théâtre
Temps de lecture : 4 minutes