À Chypre, escalade de violences envers les étrangers
Alors que le Parlement européen vient de se doter d’un pacte qui vise à restreindre les conditions d’asile et d’immigration tout en sécurisant toujours plus les frontières, l’île multiplie les discriminations à l’encontre des demandeurs d’asile.
dans l’hebdo N° 1806 Acheter ce numéro

© Marine Caleb
Nicosie, capitale de Chypre, le 5 janvier 2024. C’est encore l’aube quand, soudain, une explosion rompt le silence. La bombe fait voler en éclats les vitres du local de Kisa, une organisation de défense des demandeurs d’asile. Sur la petite île méditerranéenne, c’est la première fois que des violences touchent une organisation de la société civile. Personne n’a été blessé, mais, aujourd’hui, les bureaux ne sont toujours pas complètement réparés et l’organisation ne peut toujours pas opérer normalement.
« Cette attaque ne sort pas de nulle part. Cela faisait des mois que nous étions victimes d’une campagne de diffamation et de barrières administratives qui nous empêchaient de fonctionner », explique Doros Polykarpou, le directeur de Kisa. Il pointe aussi du doigt un discours de défiance envers les organisations comme la sienne, propagé par le gouvernement et repris par l’extrême droite, en nette progression à Chypre.
Il n’y a même pas eu d’enquête. Quel genre de signal on donne, en ne disant rien ?
K. GogouEn février, 41 organisations ont signé une lettre condamnant le harcèlement et l’attaque subis par Kisa. Elles dénoncent l’escalade des violences envers les étrangers et les demandeurs
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