Le fond de l’Arve effraie
Avec son chauffage au bois, son trafic routier et ses industries, la vallée de l’Arve est en proie depuis des années à une pollution de l’air importante. Si des améliorations sont cependant notables, des inquiétudes demeurent sur des polluants non mesurés par les organismes officiels.
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À bord du wagon qui sillonne les berges de l’Arve, en Haute-Savoie, on découvre le paysage qui défile, révélant l’immensité des montagnes qui surplombent l’étroite vallée. Les derniers rayons de soleil sont réfléchis par les nombreux véhicules qui tapissent l’asphalte de l’autoroute. Laquelle est bordée par un nombre impressionnant d’usines et d’entreprises, témoignant d’un tissu économique florissant. Ce bassin industriel abrite les deux tiers du décolletage (usinage de pièces métalliques par retrait de matière) français, avec 450 sociétés et 12 000 emplois.
Le train progresse dans cette topographie en cuve qui impose à la vallée de l’Arve un défi environnemental : un phénomène d’inversion de température qui piège l’air froid dans les basses altitudes, emprisonnant des particules fines et des polluants émis par les activités industrielles, routières et domestiques, et exacerbant les problèmes de qualité de l’air.
Au pied du mont Blanc, notre wagon arrive enfin à Passy, épicentre symbolique de la pollution atmosphérique qui sévit dans la région. Depuis de nombreuses années, la commune dépasse régulièrement les seuils autorisés. Trois principales sources sont identifiées comme responsables : selon les chiffres de l’indice Atmo, publié par la Fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de
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