Le boulanger syndicaliste, réintégré par le conseil des prud’hommes… puis re-mis à pied

Après avoir été licencié contre la décision de l’inspection du travail, Christian Porta, délégué syndical CGT de Neuhauser, une boulangerie industrielle, a obtenu, ce vendredi, sa réintégration. Dans la foulée, la direction de l’entreprise a annoncé entamer une nouvelle procédure de licenciement.

Pierre Jequier-Zalc  • 24 mai 2024 abonné·es
Le boulanger syndicaliste, réintégré par le conseil des prud’hommes… puis re-mis à pied
Christian Porta, au sortir de son entretien préalable à un licenciement, au début de 2024.
© Pierre Jequier-Zalc

Bienvenu au XIXe siècle ! Le conflit social opposant le géant de l’agroalimentaire InVivo via son entreprise Neuhauser et le délégué syndical central CGT de l’entreprise Christian Porta a connu un nouveau rebondissement ce vendredi 24 mai. Et pas des moindres : la direction de l’entreprise a décidé de s’enfoncer dans l’acharnement, jusqu’à se placer dans l’illégalité, témoignant d’une radicalité patronale d’un autre temps.

En effet, ce vendredi matin, le conseil des prud’hommes de Forbach (Moselle), saisi en référé, a ordonné la réintégration immédiate de Christian Porta au sein de son entreprise, avec 20 000 euros d’astreinte par jour de retard pour l’entreprise. Dans la foulée, la direction, attendant le salarié devant l’usine, lui a notifié sa convocation à un nouvel entretien préalable et l’a, de nouveau, mis à pied.

https://twitter.com/RevPermanente/status/1793933272306642972

Pourtant, cette ordonnance du conseil des prud’hommes est on ne peut plus logique. En effet, tout indiquait que la direction de l’entreprise avait manifestement et délibérément enfreint la loi. Le 23 avril dernier, elle avait ainsi licencié son salarié malgré le refus explicite de l’inspection du travail de ce licenciement. Sauf que la loi est claire : Christian Porta disposant de plusieurs mandats au sein de son entreprise, son licenciement doit, obligatoirement, être validé par l’inspection du travail. L’administration doit ainsi vérifier la régularité de la procédure du licenciement, que le motif de celle-ci soit valable, ou encore l’absence de lien entre la mesure de licenciement et le mandat du salarié.

Un syndicat combattif

Le licenciement de Christian Porta est constitutif d’un trouble manifestement illicite.

Conseil des prud'hommes

Le motif trouvé par l’entreprise pour justifier ce

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