VSS : au procès, ne pas être victime une seconde fois
Les audiences judiciaires sont une épreuve pour les plaignantes. Des avocats et des associations les accompagnent pour les préparer et les protéger.
dans l’hebdo N° 1809-1810 Acheter ce numéro

© Jeff PACHOUD / AFP
« Ni la sécurité physique ni la sécurité psychique des victimes ne sont assurées dans les procès si l’on n’y veille pas. » C’est pourquoi le Collectif féministe contre le viol (CFCV), présidé par Emmanuelle Piet, travaille sans relâche pour préparer, soutenir et accompagner les victimes de viol ou de violences sexuelles aux audiences judiciaires. La médecin de protection maternelle et infantile, et gynécologue, décrit les défis auxquels celles-ci sont confrontées au cours des procédures, ainsi que les efforts déployés pour les aider. « En plus de devoir revivre le traumatisme de l’agression en présence du présumé innocent, elles sont fréquemment isolées et exposées », explique Emmanuelle Piet.
Durant les pauses, l’accusé peut être là, à attendre ou à regarder étrangement.
I. SteyerLors de certaines comparutions, l’accusé arrive librement. La victime peut alors « se retrouver à l’entrée du tribunal, dans la file d’attente, avec le prévenu » et sera en « confrontation permanente avec lui dans le palais de justice ». Isabelle Steyer, avocate de renom qui défend depuis trente ans les femmes battues, harcelées et violées, ne laisse jamais sa cliente seule. Avant de pénétrer dans le tribunal, elle retrouve la plaignante au café du coin pour entrer avec elle, et l’accompagne
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