VSS : la voie étroite de la justice internationale
Les femmes subissent des violences sexuelles massives lors des guerres et des migrations, mais le système pénal est peu réparateur.
dans l’hebdo N° 1809-1810 Acheter ce numéro

© Barbara DEBOUT / AFP
« Les femmes migrantes doivent intégrer le viol comme un élément du voyage. » C’est une terrible conclusion qu’assène dans une tribune Smaïn Laacher, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. « Il n’existe, nulle part au monde, de trajet sûr pour les femmes qui s’exilent. Accompagnées ou non […]. Les témoignages abondent quand les femmes accèdent à la parole. » Du viol « gratuit » à des actes sexuels exigés contre un transport, de la nourriture ou une protection, la grande précarité des femmes et des jeunes filles sur la route de l’exil en fait des proies toutes désignées.
Les données sont partielles, parfois extrapolées, généralement sous-estimées, tant il est délicat, souvent, de recueillir les récits d’exactions aussi traumatisantes : l’intérêt spontané des « survivantes » (terme régulièrement utilisé par les ONG pour donner la mesure de leurs épreuves) n’est généralement pas de s’exposer, car elles redoutent des représailles ou d’être rejetées par leur communauté si « ça » se sait.
Zone grise du droit internationalSelon la Banque mondiale, plus de 40 % des femmes qui migrent de l’Amérique centrale vers les États-Unis ont été victimes en route de violences physiques, sexuelles ou psychologiques. Le Centre Primo-Levi, engagé en faveur des victimes de la torture et de la violence politique exilées en France, révélait que la « quasi-totalité » des 213 femmes qu’il a accompagnées en 2021 ont subi des
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